COMMENT LE MONDE EST PILLE EN PLEINE LUMIERE

Le XIXème et le XXème siècle furent les témoins d’un développement sans précédent de l’hégémonie Anglo-Saxonne puis américaine. Ce n'était pas simplement une domination militaire ou territoriale, mais bien une mutation profonde de la structure financière, politique et commerciale du monde en vue de son accaparement et de son pillage. Loin de se limiter à un empire colonial classique, cette domination a trouvé ses racines dans des réformes économiques profondes, initiées par une poignée de trafiquants notoires nommés les "Barons voleurs" et visant une intégration mondiale poussée régie par les lois de la piraterie, amorçant ainsi ce que l'on appelle aujourd'hui poliment le Nouvel Ordre Mondial. La Grande-Bretagne a érigé un modèle de prédation globale, faisant rage aujourd'hui, où l’exploitation des ressources, la manipulation politique, la corruption des acteurs et le contrôle des marchés ne se jouaient plus dans les coulisses, mais devenaient des principes fondamentaux d'un système mondial intégré et parfaitement maîtrisé, grâce à la mise en place de structures supranationales ne servant que cette idéologie nuisible à tous, sinon à cette caste de prédateurs.

Au cœur de ce système d'exploitation se trouvait la City de Londres. Enclave financière autonome et secrète, véritable poumon économique de l'Empire, qui n’a de cesse de manipuler l’argent et les ressources pour servir les intérêts de cette élite mondialiste, c'était le moteur de cette expansion. Plus qu’une simple place boursière, la City est un instrument de domination globale, capable de contrôler les flux financiers internationaux, de manipuler les marchés, de financer des guerres et de provoquer des révolutions économiques dans le seul but de générer des profits financiers. L'adoption de l'Acte de navigation en 1651 a renforcé sa suprématie maritime en excluant les concurrents, notamment les Hollandais, des échanges avec les colonies britanniques, tout en concentrant la richesse entre les mains d’un petit groupe d’acteurs privilégiés. Cette période a permis à Londres de devenir la première place financière mondiale au XIXe siècle, pendant l'apogée de l'Empire britannique.

Ce modèle de prédation a trouvé sa première expression par le biais de la guerre commerciale contre la Chine. La guerre de l’opium (1839–1842 et 1856–1860) dirigée en grande partie par la famille Sassoon, une famille d’origine juive bagdadie d’où elle avait été chassée, est l’un des exemples les plus flagrants de cette mentalité mafieuse. Elle a été une étape fondamentale dans l'émergence d'un modèle de prédation économique et impérialiste, dont les racines se trouvent dans les intérêts de la City de Londres et de la Compagnie des Indes Orientales. Ce modèle s'est concrétisé par la transformation de la Compagnie en narco-trafiquant, en exploitant la production d'opium en Inde pour compenser le déficit commercial avec la Chine, causé par l'importation massive de thé, soie et porcelaine. Or, cette guerre fut menée non pas sur les champs de bataille mais dans les couloirs obscurs du pouvoir économique et diplomatique. La première guerre de l'opium a été déclenchée par l'interdiction chinoise du trafic d'opium, menant à la défaite de la Chine et à la signature du traité de Nankin (1842), qui ouvrait des ports chinois aux Occidentaux et autorisait le commerce de l'opium de fait. La deuxième guerre de l'opium (1856–1860) a vu la France et les États-Unis s'engager aux côtés de la Grande-Bretagne, consolidant l'influence occidentale en Chine.

Les Sassoon, surnommés les "Rothschild de l’Est", ont été des pionniers dans l’exportation d’opium de l’Inde vers la Chine, incarnant parfaitement une méthode qui, loin d’être une stratégie légitime, relève de la prédation mafieuse. Ce n’est ni plus ni moins que l’extorsion des ressources par tous les moyens, un procédé que les financiers d’aujourd’hui continuent d’adopter, dénué de toute noblesse et s’inscrivant dans une longue tradition de rapine économique. Par ailleurs, la famille Sassoon a des liens familiaux avec les Rothschild puisqu’Albert Sassoon, fils de David Sassoon, s'est marié avec une fille de la famille Rothschild, renforçant les liens entre ces deux dynasties influentes. Les Sassoon, agissant à la fois comme des financiers respectés mais surtout comme  des trafiquants d’opium, ont orchestré une entreprise visant à inonder la Chine de drogues, poussant ainsi un empire tout entier vers l’effondrement. Cette entreprise était plus qu’un simple commerce criminel puisqu’elle incarnait une guerre de domination économique totale déguisée en commerce licite. Ce fut un véritable siège de la Chine, où l’objectif n’était pas seulement de faire des profits, mais de soumettre une nation entière, quitte à la détruire, à l’intérêt d’une caste financière anglo-saxonne.

Ce n’était pas non plus simplement une bataille pour le contrôle d’un marché, mais bien une stratégie globale qui allait se pérenniser au fil du temps pour affaiblir un rival potentiel, en brisant son économie et en asservissant sa population. En contrôlant les flux de l’opium et en imposant la dépendance à la drogue, les Sassoon ont évidemment engendré des profits colossaux, mais ont renforcé la position géopolitique de la Grande-Bretagne, tout en creusant un fossé d’humiliation et de misère pour la Chine. Cette stratégie criminelle, préfigurant ce que l’on appellerait plus tard la "guerre économique", est un modèle qui trouvera de nombreuses résonances dans les décennies à venir, avec des pratiques similaires d’exploitation et de manipulation des marchés à l’échelle mondiale.

En effet, ce modèle - l’utilisation de la drogue comme levier économique et politique - n’est rien d’autre qu’un archétype de la piraterie la plus basse, habillée sous des masques de respectabilité. L’opium devient ainsi une arme de destruction massive pour déstabiliser un État souverain, la guerre se transforme en un simple outil pour rétablir un déficit commercial, et l’impérialisme, ce vol en règle, s’habille des ridicules discours de "supériorité raciale" et de prétendue "civilisation". Derrière cette façade de légitimité, ce sont les mécanismes de la rapine capitaliste et financière qui dominent, où la soif de profit ne recule devant aucune forme de violence, qu'elle soit économique, politique ou militaire. Cette logique ne se cache plus sous l'armure des seuls impérialistes anglo-saxons, mais est le moteur d’un système global, où la prédation est présentée comme un modèle économique respectable.

La famille Sassoon/Rothschild, agissant en collusion avec l’empire britannique, incarne ainsi symboliquement cette mentalité de trafiquants mafieux, sans foi ni loi, qui allait définir les grandes entreprises impérialistes avec l’exploitation systématique des peuples, la subversion des lois locales, la corruption des dirigeants et la concentration des richesses entre les mains de quelques-uns. Cette guerre commerciale vicieuse était le prélude à des pratiques économiques qui se prolongeront tout au long du XXe siècle, et qui se perpétuent aujourd’hui sous une forme légalisée et raffinée, mais qui repose sur des principes similaires de contrôle, de dépendance et de prédation.

Les barons voleurs d’aujourd’hui, héritiers idéologiques des Sassoon et des Rothschild, ont remplacé l’opium par des instruments plus subtils et universels comme la corruption, les flux financiers opaques, les dettes imposées, les marchés captifs et la manipulation des institutions internationales. À la place des cargaisons d’opium, ce sont des milliards d’euros, de dollars et d’influence politique qui circulent, intoxiquant les gouvernements, capturant les élites locales et asservissant les populations sous couvert de développement, de reconstruction ou d’aide humanitaire. Chaque prêt conditionné, chaque contrat public opaque, chaque lobby discret agit comme une dose de drogue invisible mais efficace puisqu'il crée dépendance, soumission et enrichissement concentré, reproduisant à l’échelle mondiale la même logique transgressive que celle qui intoxiquait la Chine au XIXe siècle. L’opération est désormais légalisée, rationalisée, enveloppée de moralité et de "responsabilité", mais le mécanisme malhonnête reste identique. Il ne vise qu'à capturer les ressources, corrompre les règles et concentrer le pouvoir financier, tout en dissimulant la violence derrière la vertu apparente de l’économie et de la diplomatie.

La City de Londres, forteresse financière, agissait donc en parallèle de ces manœuvres géopolitiques, en finançant non seulement la guerre de l’opium, mais aussi de nombreuses autres entreprises de domination économique à l’échelle mondiale. De la finance des guerres mondiales à l’implosion économique de nations entières par des manipulations monétaires, la City a permis à l’Empire britannique de maintenir son emprise sur les marchés mondiaux et d’accroître sa richesse tout en exploitant les ressources et le travail d’autres nations. Son rôle, loin de se limiter à la gestion de la richesse, a consisté à organiser la circulation des flux financiers de manière à maximiser les profits des élites tout en maintenant les populations dans un état de dépendance économique constante.

Au tournant du XXe siècle, ce système se perfectionnait à travers la Table Ronde, fondée en 1909 par des figures comme Lord Milner, Cecil Rhodes et Nathan Mayer Rothschild, qui allaient imaginer une domination mondiale encore plus subtile. Ce groupe de visionnaires – ou devrais-je dire de trafiquants notoires – se rassemble à l’Université d’Oxford et sera constitué de disciples du penseur radical John Ruskin. Ils allaient façonner le monde tel que nous le connaissons aujourd'hui. 

L’idée était claire et visait à étendre l’influence de la Grande-Bretagne à l’échelle mondiale, mais sous des formes plus diplomatiques et plus sophistiquées. Après la Première Guerre mondiale, la Table Ronde est devenue le Council on Foreign Relations, aux États-Unis et le Royal Institute of International Affairs, à Londres communément appelé Chatham House. Les principaux responsables gouvernementaux d’Angleterre et des États-Unis étaient choisis parmi ses membres. 

Sous la bannière de la Table Ronde, ces mondialistes de la première heure rêvaient d'une fusion entre le capitalisme et le socialisme, un idéal hybride pour mieux masquer leurs véritables objectifs d’imposer un contrôle économique centralisé et étendre l’hégémonie impériale de l’Empire britannique à l’échelle mondiale. Mais derrière ce rêve se cachait surtout une volonté de domination totale, de captation des ressources et de soumission des peuples sous un système opaque.

John Ruskin, idéologue et philosophe de l’époque victorienne, était loin d’être l’esthète et le défenseur du beau et du bon qu’il aimait à paraître. Ses critiques acerbes contre le capitalisme et les marchands étaient en réalité des appels à l’organisation d’un système plus vaste, plus sophistiqué, et d'autant plus insidieux. Pour lui, l’"anarchie" du marché libre était le vrai fléau, et seule une forte coopération dirigée par un gouvernement d’élite pouvait garantir l'ordre, la stabilité et la prospérité – mais, comme il le suggérait dans Unto This Last (1862), ce gouvernement devait appartenir à un petit groupe de décideurs, détachés des intérêts populaires. Ses idées étaient claires et pour lui, la société devait être dirigée par des individus formés et capables, au-dessus des masses laborieuses. Les intérêts commerciaux devaient être subordonnés à une idéologie impériale. Son appel à un État planificateur et la création d'une "communauté des nations" serviraient de base aux futurs développements du Nouvel Ordre Mondial.

Ce n’était pas un idéal d'égalité, mais une logique impérialiste où l’Angleterre, qu’il vénérait comme "la race du meilleur sang du Nord", se devait d'étendre son empire, et avec lui, sa domination sur le monde. La Table Ronde, fondée par des figures comme Lord Milner, Cecil Rhodes, et Nathan Mayer Rothschild, allait donc faire de l’Empire britannique un acteur clé de cette nouvelle vision impériale. Leur objectif  était de renforcer les liens politiques, économiques et sociaux entre la Grande-Bretagne et ses colonies pour, à terme, constituer une Union politique mondiale. Bien que les grands objectifs de ce mouvement n’aient pas été pleinement réalisés, il a néanmoins contribué à des avancées politiques majeures comme la Déclaration Balfour et le Statut de Westminster, qui ont redéfini la relation entre la métropole et ses colonies, transformant l’empire britannique en une structure interconnectée, plus solide et plus efficace.

Pourtant, derrière ce masque, l’Empire n’était pas qu’un patchwork de terres conquises, mais bien un monstre insatiable, où l’accumulation des richesses et la mainmise sur les ressources n’étaient pas de simples objectifs, mais le cœur même de sa politique mondiale, réduisant le monde à une proie à dévorer. Un modèle de prédation, donc, bien plus sophistiqué que ce que l’histoire a pu imaginer, où les jeux d'influence se faisaient à des échelles qui échappaient à la vue du commun des mortels. Et ainsi, ce système de domination, qui repose sur des mécanismes de contrôle financier et politique de plus en plus opaques, fonctionne exactement comme une mafia légalisée. Il n’est plus nécessaire de recourir à la violence directe ou à l’intimidation brute des mafias traditionnelles. La méthode a changé, mais les objectifs demeurent. 

Dans les années 1960, devant la divulgation des activités gouvernementales clandestines du Council on Foreign Relations, des groupes subsidiaires, connus sous le nom de Commission Trilatérale et Bilderberg ont commencé à émerger pour rester dans l’anonymat. Centres de décision géopolitiques, qui, tout en se parant de la respectabilité d’organisations internationales, continuent d’orchestrer la domination économique, militaire et financière au profit d’une élite globale.

Aujourd'hui, ce modèle de prédation n’a pas disparu, il a simplement évolué et s’est perfectionné sous des formes plus discrètes, mais non moins efficaces. L’exemple récent de l’Ukraine, ravagée par la guerre et par des milliards d’euros d’aide soi-disant humanitaire, est emblématique de ce système mafieux modernisé. Derrière des promesses de reconstruction et de soutien, des entreprises multinationales telles que BlackRock, Lockheed Martin, et McKinsey, en collaboration avec des institutions comme l’UE, le FMI et la Banque Mondiale, orchestrent un ballet d’enrichissement où les masses ne bénéficient que des miettes. Les flux financiers, loin d’être transparents, suivent des routes invisibles qui profitent à ceux qui détiennent les clés du pouvoir mondial.

À première vue, les institutions occidentales semblent diamétralement opposées de la mafia puisqu’elles disposent de mandats publics, d’audits, de réglementations et de transparence supposée. Elles apparaissent comme des garantes de la démocratie, de la paix et de la stabilité économique. Mais lorsqu’on analyse le fonctionnement réel de certains mécanismes – financement des guerres, reconstruction post-conflit, privatisations massives, aides internationales – un parallèle avec la mafia, en 4 points troublants, émerge : 

1.Opacification massive des flux financiers publics : À l’image des organisations mafieuses qui blanchissent l’argent sale en le fragmentant, le diluant et le faisant transiter par des circuits volontairement illisibles, certaines institutions publiques orchestrent aujourd’hui la dispersion de fonds colossaux via un enchevêtrement de prêts, subventions, aides exceptionnelles et contrats délégués. Le résultat est le même avec une perte de traçabilité, dilution des responsabilités et une impossibilité de contrôle effectif.

Avec le cas emblématique de l’aide à l’Ukraine, depuis 2022, ce sont environ 730 milliards d’euros qui ont été engagés par les États occidentaux. Or, plusieurs audits et déclarations officielles reconnaissent qu’une partie de ces fonds est non localisable, mal documentée ou sortie des circuits de suivi classiques. Autrement dit, des montants publics gigantesques se sont évaporés dans des structures intermédiaires, sans chaîne de contrôle claire, sans reddition de comptes rigoureuse, et sans sanction identifiable. Or, ce n’est pas une dérive accidentelle mais bien un mode opératoire. Démontrant que la complexité administrative ne sert plus à gérer, mais à masquer. Non plus à protéger, mais pour neutraliser toute possibilité de vérification démocratique.

2.Concentration et privatisation du pouvoir décisionnel : Là où la mafia repose sur des chefs de clan pour verrouiller des territoires et des secteurs clés, les institutions occidentales ont mis en place un système plus policé mais tout aussi efficace avec la délégation massive de décisions publiques à des acteurs privés non élus. Cabinets de conseil, multinationales, fonds d’investissement et grandes entreprises parapubliques se voient ainsi confier la conception, la mise en œuvre et parfois l’évaluation de politiques financées par l’argent public. Cette externalisation systématique ne disperse pas le pouvoir, elle le concentre, en le soustrayant au contrôle démocratique et parlementaire.

Le mécanisme est clair où ceux qui conseillent sont trop souvent ceux qui exécutent. Et ceux qui exécutent sont ceux qui influencent les règles. Ainsi, ce ne sont que ceux qui bénéficient du système participent à sa reproduction. Le pouvoir décisionnel se déplace alors des institutions censées représenter l’intérêt général vers des entités privées, dont l’objectif premier reste la rentabilité, l’influence et la pérennisation de leurs contrats. Là non plus, Ce n’est pas une simple dérive technocratique, mais une capture organisée de l’État, où la légitimité électorale est remplacée par l’expertise autoproclamée et où la concentration du pouvoir s’opère sans violence, mais avec une redoutable efficacité.

3.Extraction systémique des ressources et prédation légalisée : Les mafias prospèrent en exploitant les territoires qu’elles dominent lorsqu’elles ponctionnent - rackettent - les populations, accaparent les biens, épuisent les ressources et laissent derrière elles des économies exsangues. Le vernis est différent, mais la logique est identique lorsque certains acteurs privés opèrent sous couvert de légalité institutionnelle. Ainsi, on constate que les Fonds d’investissement, multinationales agricoles ou encore groupes industriels et énergétiques captent aujourd’hui une part substantielle de l’aide publique et des marchés financés par l’État. Ils en tirent des profits colossaux, parfaitement conformes aux cadres juridiques en vigueur, mais construits sur une asymétrie radicale de pouvoir, d’information et de contrainte économique.

Le mécanisme est prédateur avec la socialisation des risques et la privatisation des gains. Les populations locales supportent les coûts — hausse des prix, destruction des écosystèmes, dépendance économique, précarisation du travail — tandis que les bénéfices sont extraits, consolidés et redistribués vers des centres financiers éloignés de toute responsabilité territoriale. Mais la légalité apparente ne neutralise pas la violence du processus pour autant. Elle la rend simplement invisible. Ce n’est pas une économie de développement, mais une économie d’extraction, où l’aide et la commande publique deviennent des instruments de transfert massif de richesse au détriment des sociétés qu’elles prétendent soutenir.

4.Immunité organisée et irresponsabilité institutionnalisée : Les mafias bâtissent leur survie sur des sociétés écrans, des prête-noms et des montages opaques destinés à protéger leurs flux financiers et à neutraliser toute responsabilité pénale directe. Les institutions légales, elles, disposent d’un outil infiniment plus puissant avec un cadre juridique sophistiqué conçu pour produire de l’irresponsabilité sans illégalité apparente. Ainsi, avec les contrats publics segmentés, les appels d’offres verrouillés, les chaînes de sous-traitance interminables et les prêts internationaux assortis de clauses d’exception, chaque dispositif ajoute une couche de protection entre la décision, l’exécution et les conséquences. À mesure que la complexité augmente, la responsabilité se dissout.

Le résultat est une impunité de fait. Les acteurs privés bénéficiaires peuvent capter des fonds publics, imposer des conditions économiques ou environnementales destructrices, puis se retrancher derrière la conformité formelle des procédures. Lorsque des dysfonctionnements apparaissent, ils sont imputés au « système » mais jamais à ceux qui en tirent profit. Ce n’est pas une faille du droit, c’est son usage stratégique. Le droit ne sert plus à limiter le pouvoir, mais à l’isoler de toute sanction réelle. L’immunité n’est plus clandestine, elle est contractuelle, réglementaire et parfaitement assumée.

Ainsi, la comparaison entre mafia et gouvernance moderne ne relève pas de la métaphore morale, mais de l’analyse fonctionnelle. Dans les deux cas, le pouvoir repose sur la maîtrise des flux financiers, leur opacification volontaire, la concentration des décisions entre quelques acteurs clés, l’extraction systématique de ressources et la neutralisation de toute responsabilité réelle. Là où la mafia blanchit l’argent, l’État contemporain le fragmente ; là où elle impose des chefs de clan, il délègue à des élites contractuelles non élues ; là où elle pille illégalement, il organise une prédation légale par l’aide publique et les marchés ; là où elle protège ses membres par l’omerta, il institue l’irresponsabilité par le droit.

La différence n’est pas de nature mais de forme car là où la mafia exerce une violence directe et visible, la gouvernance moderne exerce une violence diffuse, structurelle et juridiquement couverte. L’une se maintient par la peur, l’autre par la narration de la nécessité et de la complexité. La mafia opère contre le système ; la gouvernance moderne, elle, est devenue le système, avec des effets sociaux, économiques et humains d’une ampleur incomparablement supérieure.

La différence avec une mafia traditionnelle ? C’est simplement la légalisation de ces pratiques ! Ce sont dorénavant des "institutions" et non plus des gangsters. Ce n’est plus du racket et de l’extorsion mais de la croissance durable et de la solidarité internationale. Ce sont surtout des milliards engloutis dans des projets bidon, des dettes imposées sur des générations entières, des peuples écrasés sous des traités imposés dans des salles de conférences climatisées. La manipulation est subtile mais l’exploitation est méthodique. On ne vous vole plus à mains armées, mais à coups de chiffres, de paperasses et de promesses jamais tenues. La vraie violence est invisible, elle se cache dans des lignes de code et des stratégies géopolitiques, et vous êtes trop occupé à survivre pour comprendre qu’on vous vide, lentement, de tout ce que vous êtes.

Maintenant, imaginez non plus une ville, ni un État, ni même un continent, mais le monde entier placé sous la coupe d’un système opérant selon les codes des pires organisations mafieuses. Ses institutions — Union européenne, États-Unis, ONU, FMI, Banque mondiale, OMS — ne sont pas des contre-pouvoirs, mais des paravents de légitimité avec leurs mandats officiels, leurs budgets colossaux, et surtout leur reconnaissance internationale. Derrière cette façade, le mécanisme est parfaitement lisible avec la concentration extrême du pouvoir, l’extraction massive de ressources, le contrôle indirect des territoires et l’opacification systématique des flux financiers. La coercition ne passe plus par les armes, mais par la réglementation, les prêts conditionnés, la dépendance économique et la complexité administrative. Des barons voleurs modernes, installés au cœur du pouvoir décisionnel, accaparent richesses et souverainetés sous le vocabulaire aseptisé du « développement » et de l’« aide ». C’est un racket global, juridiquement propre et politiquement narré, où chaque gain se paie par l’appauvrissement des peuples et où chaque décision destructrice se dissimule sous les habits de l’action humanitaire.

Bienvenue dans le monde du prétendu « Nouvel Ordre Mondial » : un système où la mafia n’opère plus dans l’ombre, mais à visage découvert. Présentées comme garantes de la paix, du droit et du progrès, ces structures, mises en place par ces barons voleurs modernes, fonctionnent en réalité comme des instruments de pouvoir au service d’une caste restreinte, qui façonne règles, normes et priorités mondiales selon ses intérêts propres. Ce système ne tombera pas par révélation soudaine ni par scandale isolé, car il ne repose plus sur le secret mais sur l’habitude, l’usure et la résignation. La mafia légalisée du Nouvel Ordre Mondial ne gouverne pas par la peur immédiate, mais par l’épuisement des consciences, par la normalisation de l’inacceptable et par la lente anesthésie des peuples. Elle prospère tant que la complexité remplace la vérité, tant que la légalité supplante la justice, et tant que l’on confond gestion du monde et prédation du vivant.

La question n’est donc plus de savoir si ce système existe, mais combien de temps il pourra encore se maintenir sans être nommé, compris et frontalement contesté. Car toute domination qui se prétend éternelle finit par révéler la fragilité d’un pouvoir si total qu’il ne tolère plus la lumière. Et lorsque les peuples cessent de croire au récit, lorsque les mots se fissurent et que le vernis se craquelle, alors ce qui se présentait comme ordre mondial apparaît enfin pour ce qu’il est ! Non pas une fatalité historique, mais une construction humaine, violente, réversible, et vouée, tôt ou tard, à s’effondrer sous le poids même de sa propre prédation. 

Phil BROQ.

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