L’INDUSTRIE DE LA MORT ET LA REPUBLIQUE DES COMPLICES
Nous vivons dans une époque où la distance entre les faits et leur représentation médiatique est devenue vertigineuse. Des lanceurs d’alerte, des journalistes indépendants, des chercheurs, des témoins, des documents déclassifiés et des enquêtes parallèles ont, au fil des décennies, mis au jour des affaires que les autorités avaient initialement niées, minimisées ou dissimulées. Cela ne signifie évidemment pas que toute affirmation dissidente soit vraie. Cela signifie que les institutions officielles ne possèdent pas le monopole de la vérité. Il faut donc résister à deux tentations symétriques. La première consiste à croire aveuglément la version officielle. La seconde consiste à croire automatiquement son contraire. Entre les deux se trouve le travail difficile de la preuve. C’est précisément ce travail qui manque lorsqu’un débat public se transforme en affrontement entre croyants et sceptiques, entre «théorie officielle» et «théorie du complot». Cette opposition est intellectuellement...