L’EMPIRE INVISIBLE DE LA CAPTATION GLOBALE
Pendant des décennies, un récit dominant a présenté l’intégration économique mondiale comme un horizon naturel et souhaitable avec la fluidité des échanges, disparition des barrières et efficacité accrue des marchés. Sous cette surface d’évidence s’est toutefois consolidé un ensemble de mécanismes beaucoup plus opaques, où la circulation des capitaux a progressivement pris le pas sur toute autre considération politique ou sociale. Ce basculement a redéfini les rapports entre États, acteurs économiques et institutions financières, en installant une asymétrie durable entre la vitesse des flux et la capacité de contrôle démocratique. C’est dans cet écart que s’est structuré un système global de captation et de redistribution des richesses, dont les effets ne relèvent plus de l’exception mais de la logique d’ensemble. La promesse initiale était séduisante avec une planète enfin rationalisée, débarrassée des lourdeurs étatiques, où les capitaux circuleraient librement pour irriguer l’innova...