L' AGONIE ET LE VICE

Depuis quelques jours, des documents franchement embarrassants, sinon incriminants, circulent. Officiellement, bien sûr, rien de "concluant". Officieusement, rien de vraiment étonnant non plus. Des listes, des liens, des fréquentations. Des carnets d’adresses qui respirent moins la justice sociale que le champagne tiède, la cocaïne et les fins de soirée imbriquées entre gens très recommandables. 

Mais surtout, surtout, pas de conclusions hâtives. Il ne faudrait pas réfléchir trop fort. Penser, recouper, relier les points serait déjà un comportement douteux. Presque une faute civique. L’exercice critique est toléré tant qu’il reste abstrait, théorique, inoffensif. Dès qu’il commence à désigner des cercles, des noms ou des habitudes alors là, il devient subversif.

Il n’y a pourtant rien de subversif dans tout cela. Aucun appel à la violence. Aucune haine. Seulement des faits, des documents, des correspondances et des questions. Et si ces éléments suffisent à déclencher la censure, la répression et la panique, alors le problème n’est pas ce qui est dit, mais bien ce que cela révèle. Un pouvoir sûr de sa légitimité n’a pas peur des mots. Un pouvoir propre n’a pas peur des enquêtes. Un pouvoir juste n’a pas besoin du silence.

Alors on temporise, on soupire, on appelle au calme. On explique que "rien ne prouve quoi que ce soit", tout en priant pour que personne ne regarde de trop près ce qui saute pourtant aux yeux. Dans ce pays où la présomption d’innocence sert surtout à protéger les puissants de la présomption de lucidité.

Dans ce repaire de brigands nommé "République", et devenue détestable à force de compromissions, on ne traque jamais les salons feutrés, trop bien fréquentés, trop bien protégés. On traque les messagers ! On ne démonte pas les réseaux d’influence, mais les réseaux sociaux et on bâillonne l’information. On ne questionne pas les amitiés mondaines ni les connivences de pouvoir, on perquisitionne les alerteurs, les diffuseurs de vérité. La faute n’est jamais dans ce qui est fait, mais dans l’audace obscène de le dire.

Ici, le crime suprême n’est pas l’abus, la prédation ou la corruption. C’est la visibilité. C’est la circulation incontrôlée d’un fait, d’un document, d’un témoignage. Tant que tout reste discret, feutré, mondain, tout est acceptable. Dès que ça parle trop fort, l’État se souvient soudain de ses prérogatives. Et ce qui ferait frémir n’importe quel citoyen devient simplement un rituel parmi d’autres, enveloppé dans l’ivresse du pouvoir et le silence des complices.

Partout, ça sent partout le lupanar institutionnel. La débauche maquillée en mondanité, la déviance repeinte en modernité, l’hubris portée comme une vertu républicaine. Derrière les discours compassés et les postures morales, c’est la même atmosphère poisseuse des excès protégés, des pulsions couvertes et des limites systématiquement franchies parce que plus personne n’ose les rappeler. Un monde où tout est permis à ceux d’en haut, tant que cela reste discret, feutré, entre initiés. Un monde ivre de lui-même, convaincu de son intouchabilité, où la corruption n’est plus une dérive mais une ambiance et où l’immoralité n’est même plus un scandale mais seulement une habitude de classe.

Le pays agonise sous les scandales étouffés, tandis que l’élite rit, festoie et s’assure que ses secrets ne franchiront jamais les portes closes. Ici, la morale est un costume, l’honneur un accessoire et la justice une fable racontée pour endormir ceux qui regardent encore. Chaque fuite, chaque mot qui s’échappe devient un crime plus dangereux que ce qu’il révèle. Dans ce royaume de l’hubris, la lumière n’éclaire jamais ce qu’il faudrait voir, mais seulement ce qu’on a décidé de montrer. Et plus la nation sombre, plus les puissants se permettent tout, persuadés que la cécité collective et le silence suffiront à couvrir leurs excès.

Alors on explique, d’un ton docte et condescendant, que tout est "complexe". Qu’il faut du temps. Que la justice "suit son cours". Qu’il ne faut surtout pas "faire d’amalgames". Curieusement, cette passion pour la lenteur, la nuance et la prudence s’évapore instantanément lorsqu’il s’agit de surveiller, censurer et contrôler ceux qui parlent, enquêtent ou travaillent hors du récit officiel. Là, plus besoin de complexité et l’urgence de faire taire devient subitement évidente, impérieuse, presque sacrée.

Dans cette République là, la patience est exigée du peuple, jamais du pouvoir. La prudence est une arme contre les faibles, jamais une contrainte pour les dominants. Et la répression, toujours prête, n’attend qu’un prétexte pour se déguiser en nécessité démocratique.

Et quand convaincre devient impossible, le pouvoir choisit la solution la plus confortable de la censure. Plutôt que de répondre à des arguments gênants, on coupe le micro, on ferme les comptes et on perquisitionne. Le débat d’idées est remplacé par la matraque administrative, bien plus efficace quand on manque de réponses.

En France, le tableau est édifiant dans la France sous Macron, avec perquisition des bureaux de X (ex-Twitter), arrestation de Pavel Durov (Telegram) pour récupérer les conversations gênantes entre élus, interdiction pure et simple de chaînes comme RT et Sputnik pour divulgation de la vérité, pressions directes sur les influenceurs récalcitrants et empilement de lois liberticides — loi Avia, loi SREN — soigneusement emballées dans du vocabulaire moral. Officiellement, il s’agit de lutter contre les contenus "haineux" ou "déviants". Reste à savoir ce qui est réellement déviant ? Participer à des réseaux de pédocriminalité organisés à l’échelle internationale ou oser en parler publiquement ? Qu’est ce qui est le plus haineux ? Violer des enfants à la chaine ou afficher leurs bourreaux ?

L’histoire, pourtant, a déjà donné des leçons. La censure sous Vichy, les dérives autoritaires justifiées par "l’urgence" pendant le COVID-19 — étouffement de recherches, tabou sur les traitements, revirements sur les masques et les vaccins — tout cela était censé protéger la population. On ne connaît que trop le refrain du "c’est pour votre bien !" Et dès lors toute voix dissonante devient suspecte, tout questionnement est disqualifié d’un revers de main comme "complotiste" ou "menace pour la démocratie". Une démocratie si fragile qu’elle ne survit qu’en faisant taire ceux qui parlent.

La liberté d’expression n’est donc plus un droit fondamental, mais une tolérance conditionnelle, révocable à tout moment. Tant que vous répétez le récit officiel, tout va bien. Dès que vous sortez du script, vous devenez un danger public.

Et pendant que la police perquisitionne X France avec un zèle remarquable, un détail semble étrangement glisser sous le tapis. Selon le projet Arachnid, publié en juin 2021 par le Centre canadien de protection de l’enfance, près de la moitié des contenus pédopornographiques mondiaux analysés — 48 % sur plus de 5,4 millions d’images — seraient physiquement hébergés sur les serveurs de Free, opérateur français. Mais rassurez-vous, quand le propriétaire s’appelle Xavier Niel, gendre de Bernard Arnault et proche du président, la priorité sécuritaire change subtilement de cible. On perquisitionne là où c’est politiquement indolore et on détourne pudiquement le regard là où ça pourrait devenir gênant. Après tout, dans un pouvoir illégitime en panique totale face à la divulgation de sa corruption et de son immoralité, la censure n’est plus un accident mais un réflexe de survie.

Il faut bien comprendre que pour cette caste de trafiquants en costume trois-pièces, la transparence n’est pas une vertu mais une menace existentielle. La vérité, par nature, circule mal dans leurs salons feutrés. Elle glisse, elle fuit, elle s’échappe des communiqués officiels. Pire, elle ne demande aucune autorisation préalable. Et ça, c’est intolérable ! Car la vérité a cette fâcheuse manie de mettre mal à l’aise des personnes tout à fait présentables. Honorées à défaut d’être honorables et à qui on donne la légion d’honneur dès qu’ils n’en ont plus. Des figures publiques dûment décorées, omniprésentes sur les plateaux télé, photographiées sous les ors de la République, le sourire confiant de ceux qui savent qu’ils ne risquent rien. Des gens bien introduits, bien connectés mais surtout bien protégés. Des gens qui se tutoient, se cooptent et évidemment se couvrent.

Dans ce petit monde incestueux, tout est affaire de réseau, de silence partagé et d’indignation sélective. On ne craint pas le mensonge — il est maîtrisé — mais l’irruption incontrôlée du réel. Alors on verrouille, on filtre, on moralise à outrance. Officiellement pour "protéger la sureté de l'état". Officieusement pour protéger un entre-soi qui ne survivrait pas une seconde à la lumière crue des faits.

Car la vérité, quand elle circule librement, a un défaut rédhibitoire pour ce genre de caste. Elle ne respecte ni les titres, ni les décorations, ni les amitiés haut placées. Et ça, pour eux, c’est bien plus subversif que n’importe quelle contestation politique.

Alors on inverse soigneusement les rôles. Ce n’est plus le soupçon qui exige une enquête, c’est l’enquête qui devient suspecte. Ce n’est plus le scandale qui indigne, mais le fait qu’il circule. Ce n’est plus la prédation potentielle qui dérange, mais l’hypothèse insupportable qu’un message privé, quelque part, puisse fuiter et mettre des noms, des dates et des responsabilités sur la table.

Car dans ce pays, on a un talent certain pour protéger les prédateurs polis et les voleurs discrets. Ceux qui ne font pas de vagues, qui signent des tribunes, qui serrent les bonnes mains. En revanche, on voue une haine farouche aux fuites bruyantes, aux révélations non homologuées, à la vérité qui déborde sans badge ni autorisation.

L’opacité y est une valeur cardinale, à condition qu’elle porte un costume bien taillé et qu’elle respecte la hiérarchie. La transparence, elle, est jugée vulgaire dès qu’elle sort du cadre, suspecte dès qu’elle ne suit pas le protocole. Quant à la morale, elle est traitée comme un produit de luxe que l'on exhibe dans les discours, que l'on brandit dans les cérémonies, mais surtout, que l'on évite soigneusement de se servir.

Et pour que ce petit théâtre d’ombres tourne sans le moindre couac, le système peut compter sur une presse de propagande copieusement subventionnée. Une presse chargée non pas d’informer, mais d’étouffer ce qui dépasse, de relativiser l’inexcusable et de recycler chaque scandale en simple "polémique". On ne dément plus franchement, ce serait risqué. On dilue, on noie et on temporise. On n’éclaire pas, on anesthésie. L’indignation y est savamment rationnée, distribuée à doses homéopathiques, toujours dirigée vers des cibles sans pouvoir réel. Jamais vers ceux qui décident, jamais vers ceux qui profitent, jamais vers ceux qui verrouillent. La vérité n’est pas contestée sur le fond, elle est enterrée sous le bruit, l’ennui et la répétition du vide.

Dans ce monde-là, parler est une faute professionnelle. Se taire est un plan de carrière. Et l’indignation n’est autorisée qu’à condition d’être parfaitement inoffensive, bien cadrée, bien orientée et surtout incapable de déranger ceux qui tiennent réellement les rênes, à l’abri derrière leurs relais médiatiques et leurs silences complices.

Et pendant ce temps-là, le pantin qui fait office de président s’étonne. Il s’étonne de sa réputation en lambeaux, de son honneur évaporé, de sa mise à l’écart progressive des nations encore vaguement respectables. Il ne comprend pas pourquoi on le regarde de travers, puis il s’indigne qu’on ose le juger à la hauteur de sa propre médiocrité. À l’étranger, le mot "exemplarité" déclenche désormais des ricanements à peine dissimulés. Quelle cruauté, vraiment, pour des dirigeants aussi creux que satisfaits d’eux-mêmes.

Mais voyons, inutile d’y voir un problème systémique. Ce serait exagéré. Il s’agit simplement d’une longue, très longue accumulation de coïncidences. Toutes soigneusement protégées, classées et systématiquement étouffées. Ici, on protège l’ordre, jamais les victimes. On protège l’image, jamais la vérité. On protège le pouvoir, surtout lorsqu’il se drape dans la morale et s’autoproclame arbitre du bien.

Alors oui, certains commencent à appeler ce territoire autrement que par son nom officiel. Non par provocation gratuite, mais par lassitude lucide. À force de fermer les yeux, de détourner le regard et de sanctifier le silence, on finit par être reconnu pour ce que l’on est devenu. Même à l’aveuglette "Pédoland " est la nouvelle étiquette !

Mais pour la caste, le problème, au fond, n’est ni la désinformation, ni la haine, ni même le complotisme. Le problème, c’est le peuple ! Trop nombreux, trop méfiant et surtout trop connecté. Un peuple qui lit, compare, archive, capture des écrans et refuse d’oublier. Un peuple qui ne consomme plus docilement le récit prémâché, mais qui commence à poser des questions hors cadre. Et ça, pour ce régime, c’est insupportable. Alors on le surveille, on le moralise et on le culpabilise. On lui explique qu’il pense mal, qu’il doute mal et qu’il s’indigne mal. Ici, on ne gouverne plus des citoyens, on gère un risque !

Et pendant que le pays s’effondre, que la pauvreté s’accumule et que l’agonie sociale devient palpable, les élites festoient dans leurs sanctuaires feutrés. Banquets interminables, alcools rares, drogues blanches, plaisirs discrets et confidences murmurées derrière des portes closes d’un monde où la cruauté ordinaire du dehors devient un bruit de fond. Mais il faut que tout paraisse respectable. Alors on colle des masques sur des visages déjà souillés, on maquille l’odeur de la dépravation par des sourires de convenance, on soigne l’apparence d’une morale qui n’existe plus. Et dans ces cercles soigneusement protégés, certaines habitudes, si mal nommées qu’on ose à peine les murmurer, se perpétuent sans crainte, enveloppées dans la complicité et le silence, tandis que le pays s’épuise à respirer sous un ciel de scandales étouffés.

Ce système ne tombera peut-être pas demain. Il tombera plus lentement, mais surement, par discrédit, par lassitude et par honte accumulée. Les régimes ne meurent pas toujours dans le bruit. Certains pourrissent à ciel ouvert, persuadés jusqu’au bout qu’ils incarnent encore la morale qu’ils ont détruite. 

Ce n’est même plus la République qui est en danger, c’est l’impunité qui arrive en fin de course. Car ce régime ne redoute pas le chaos, il redoute la mémoire. Et quand un pouvoir confond la vérité avec une menace, c’est qu’il sait déjà qu’il est coupable…

Phil BROQ.

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