L' ERE DES FAUX PROPHETES...
De nos jours, comme par le passé, on trouve autant d’âmes prêtes à se laisser abuser par le premier gourou qui passe, que d’âmes traitant par le mépris le Saint qu’on leur présente, car malheureusement, la naïveté est aussi répandue chez les hommes que le cynisme. Et ce qui caractérise les faux prophètes, c’est la marque éphémère de leur succès et ils se distinguent clairement des vrais messagers de Dieu en cela qu’ils prédisent faussement l’avenir. Évidemment, l’un peut réussir une prédiction s’il en annonce plusieurs ou de façon si incompréhensible que toutes les conjectures sont alors possibles, comme le fit Nostradamus avec ses Quatrains. Mais pour une qui se réalise, combien ont été fausses ou interprétées à posteriori afin de lui donner crédit ?
De plus les faux prophètes ne sont pas toujours du passé, puisqu'ils sont tout aussi nombreux aujourd’hui à polluer les esprits par leurs paroles orientées. Au regard de l’histoire, ils peuvent devenir des conseillers spirituels puissants et incontournables dont la parole vaut un oracle pour une masse inculte et désemparée, prête à écouter tout et n'importe qui pour avoir un peu d'espoir dans un monde de plus en plus malsain, à cause d’une certaine sensibilité. Déjà dans les Saintes Écritures, prophètes et faux prophètes bousculent notre sens du libre arbitre sans qu’il soit aisé de distinguer l’un de l’autre. Si Jésus lui-même, dans son discours eschatologique, avertit qu’il viendra en son nom de faux prophètes qui abuseront les gens, Il parle d’un pluriel. Le faux prophète, comme personnage singulier, n’est mentionné que dans l’Apocalypse. Il fait partie de la "ménagerie" de Satan, composée d’un dragon, d’une bête à sept têtes et dix cornes surgie de la mer, d’une bête à deux cornes d’agneau surgie de la terre, d’une seconde bête à sept têtes et dix cornes et couverte de titres blasphématoires, siégeant au milieu du désert, et que chevauche la Grande Prostituée… et le faux prophète ! Et ce n’est pas parce que ces malfaisants remportent une victoire sur le peuple de Dieu qu’ils sont élus à sa place. Bien au contraire, le mal qu’ils font en cette occasion ne fait que révéler leur nature maudite en aggravant leur propre péché car, lorsque la force est mise de leur côté, ils montrent toute la cruauté et la dureté de cœur d’où vient leur malédiction. Mais, si le faux prophète a droit à l’article défini singulier, c’est que, contrairement à la cohorte des éphémères faux prophètes, sa figure subsiste dans l’Histoire jusqu’à la fin des temps. Ainsi, le faux prophète prétend servir Dieu mais, en réalité, il s’en moque en crachant sur la Bible, qu’il fait semblant d’honorer tout en niant son autorité. Il prétend haïr Satan, mais en réalité il met ses hordes d’adeptes au service du péché sous toutes ses formes, en exaltant chez eux la haine la plus féroce : viol, meurtre, vol, mensonge, adultère, corruption, trafics en tout genre, ils se croient tout permis du moment qu’ils agissent, telle une mafia, contre les ennemis de leur maître qui est en réalité Satan. Comme lorsque le petit poudré capricieux et mégalomane qu'est Macron, avec sa bande qui a commis l'ensemble des méfaits sus-cités, annonçait lors d'une interview bien installé dans son bureau de l’Élysée, cette phrase d’apparence apocalyptique :
"Je crois que notre génération doit savoir que la Bête de l’évènement est là, elle arrive, qu’il s’agisse du terrorisme, de cette grande pandémie ou d’autres chocs. Il faut la combattre quand elle arrive avec ce qu’elle a de profondément inattendu, implacable."
Mais les derniers siècles ont vu aussi naître bon nombre d’auteurs dont la clarté de vue et la pertinence des écrits vaudraient aussi à ces derniers le qualificatif de prophétiques. Pour autant, ils ne se sont jamais présentés comme étant des prophètes mais simplement des auteurs à succès. En effet, certains auteurs ont décrit, avec des années d’avance, ce qu’ils pensaient être l’avenir de notre société. Ainsi, Gilbert Keith Chesterton (1814-1936) qui a lui aussi brillamment prédit nombre de nos malheurs. Il annonça l’avènement ainsi que la chute du communisme. Mais mieux encore : pour lui, le grand danger n’était pas dans le marxisme, mais dans le libéralisme moral de nos sociétés, qui œuvreraient pour "exalter la luxure et interdire la fécondité". Il déplorait le délaissement de la culture, de la philosophie, pour la science et l’efficacité seules. Il a prédit que l'avortement serait considéré comme un "progrès" et annoncé que "nos maîtres matérialistes mettraient le contrôle des naissances dans un programme pratique immédiat", qui serait "appliqué à tout le monde et imposé par personne".
En 1835, Alexus de Tocqueville, un Français mandaté par le gouvernement pour étudier le système pénitentiaire américain, publie "De la démocratie en Amérique". La clairvoyance de son analyse est renversante. Tocqueville estimait que, alors que les tyrannies du passé employaient la force et la violence sur les corps, la démocratie toucherait directement les âmes. En isolant ainsi les individus, les démocraties ouvriraient la voie à une nouvelle forme d’oppression qui "ne ressemblera à rien de ce qui l'a précédée dans le monde". Le pouvoir de la majorité aurait pour effet de briser les résistances. Son autorité morale imposerait une certaine honte de la contredire, ce qui entraînerait un silence, et ce silence, une absence de pensée. Ce qui n'est pas non plus sans rappeler ce que nous vivons à l'heure actuelle dans la tyrannie mise en place par leur plandémie.
Il y aussi le cas de Georges Orwell (écrivain britannique, 1901-1950) qui fait figure de proue dans le domaine, tant la société fictive qu’il dépeint dans son roman "1984" présente de similitudes avec notre société contemporaine. Celui-ci manipule les mots en créant la "novlangue" issu du "Miniver" (le ministère de la vérité), une langue au lexique très réduit de manière à restreindre la possibilité, aux hommes, de penser. La grammaire est également appauvrie par la possibilité d’intervertir les parties du discours et par la suppression des exceptions. Enfin, le gouvernement réécrit régulièrement l’histoire et falsifie l’information, ce qui n'est pas sans rappeler furieusement ce que nous vivons actuellement avec le narratif des meRdias concernant la séquence Covid ou la guerre en Ukraine, et pire encore si l'on regarde précisément tout ce qu'a fait le Troufion Français de Schwab depuis qu'il squatte l’Élysée et poursuivant en cela le travail de ses prédécesseurs.
De nombreuses personnes se sont fait appeler "prophètes des temps modernes". Ainsi selon Wikipedia, Joseph Smith, fondateur de l'Église de Jésus-Christ et des Saints des Derniers Jours, prétendait avoir une ligne de communication directe avec Dieu et était considéré comme un prophète par l'Église ou plutôt la secte qu'il avait fondée. Et ces prophètes des temps modernes ne sont pas seulement associés à la foi chrétienne, bien au contraire, ce serait même l'inverse. Ce qui est grave dans tout cela c'est que les hommes qui les écoutent et les suivent, perdent plus que de l’argent quand ils tombent sous leur emprise. Ils perdent leur âme !
Tels leur père le Diable, les faux prophètes des temps modernes ne sont pas intéressés par votre bien spirituel et votre relation avec Dieu, bien au contraire, ils mentent comme ils respirent pour détourner le plus grand nombre de la vérité Divine. Certains seront facilement identifiés par leurs folies, leurs extravagances avides et charnelles, et leurs fausses doctrines. En revanche, d’autres sont bien plus rusés et ne manifesteront pas ouvertement l’ensemble des dépravations, cependant, leurs mauvais fruits seront tout de même évidents à qui sait les distinguer. Il est d'ailleurs écrit dans la Bible : "Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables."
Tout comme le faux prophète Balaam, et à l’instar de nombre de politiciens, ces nouveaux faux prophètes d’aujourd’hui sont prêts à tout faire et à tout promettre par cupidité et goût du pouvoir. Surtout en cette période de campagne électorale. Le souci premier des faux prophètes n'est pas de glorifier Dieu et sa Parole, mais de tout faire pour ne pas vous froisser afin de vous attirer à eux. Certes, les non-chrétiens continueront à se moquer du Christ et de sa Parole, et à assimiler au Christianisme les faux prophètes qui pullulent ces temps-ci, leurs enseignements et leurs conséquences néfastes. Ils proclameront ce que tous veulent entendre, renieront ou tairont ce que la Bible commande, afin d’amasser des foules et de collecter leur argent. Notez aussi qu’ils sont dévorés par l’avidité, ce sont des menteurs experts dans leur art malsain d’amasser des richesses de façon malveillante. La vie débauchée de ces faux prophètes des temps modernes est une insulte à l'Humanité et à l'intelligence quand on considère qu’ils savent pertinemment qu’ils ne servent pas Dieu, mais cherchent seulement à s’enrichir et se moquent de conduire à leur suite des foules en Enfer.
Pourtant, le Christ nous a mis en garde : "Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtement de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits" (Matthieu 7 :15-16a). Et c’est en regardant la relation d’un faux prophète avec l’argent qu’il est presque toujours évident qu’il est un charlatan. Afin que nous comprenions l’importance de cette marque des faux prophètes, ce que Saint-Pierre répète à plusieurs reprises dans ses lettres : "ils ont le cœur exercé à la cupidité" (2:14c), "ils se sont égarés en suivant la voie de Balaam, fils de Bosor, qui aima le salaire de l'iniquité" (2:15b). Et si les chrétiens ne sont plus capables de distinguer les brebis d’entre les loups, et de les dénoncer publiquement, c'est qu'ils n'ont rien compris aux écritures Saintes, qu'ils ont perdus le courage de la vérité et de la foi. Et Saint-Paul écrit aussi à ce sujet (Romains 16:17-18): "Je vous exhorte, frères, à prendre garde à ceux qui causent des divisions et des scandales, au préjudice de l'enseignement que vous avez reçu. Éloignez-vous d'eux. Car de tels hommes ne servent point Christ notre Seigneur, mais leur propre ventre ; et, par des paroles douces et flatteuses, ils séduisent les cœurs des simples". Or, les faux prophètes n’appartiennent pas à Christ et sont donc dépourvus de la puissance du Saint Esprit pour mettre à mort les œuvres de la chair. Il est écrit dans Jude (18-19): "qu'au dernier temps il y aurait des moqueurs, marchant selon leurs convoitises impies ; ce sont ceux qui provoquent des divisions, hommes sensuels, n'ayant pas l'esprit". De plus, la Bible dit : "ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n'hériteront le royaume de Dieu" (1 Corinthiens 6:10).
Le terme grec traduit par sectes est « hairesis » (αἵρεσις), ainsi, certaines traductions traitent du fait que les faux prophètes "introduiront des hérésies destructives" ce qui va toujours de pair avec les mouvances sectaires, comme celles des Francs-maçons. Certains renient la Trinité, d’autres ont une christologie hérétique, et des foules attribuent au Saint-Esprit les œuvres de Satan. Certains renient la nature du péché, ne parlent pas de transgressions devant la sainteté de Dieu, mais seulement de fautes et d’erreurs. La liste est presque sans fin, mais une chose est certaine, à moins que nous connaissions précisément la Bible, nous serons "emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction" (Éphésiens 4:14). Ainsi, les faux prophètes d’aujourd’hui comme d’hier propagent de fausses doctrines, mais pas n’importe lesquelles. Il s’agit d’hérésies qui damnent ceux qui les embrassent ou ébranlent la vie spirituelle. Ils ne croient pas que la Bible est intégralement la Parole de Dieu, et ils manifestent alors leur dédain caché pour la Parole, par le fait qu’ils la citent très peu en tordant sa signification afin de légitimer leurs mensonges. Les faux prophètes renient le Christ car ils sont des instruments de Satan dont le but est de détourner les hommes de leur seul Sauveur. Ils incluent les fidèles des autres religions comme de futurs ou de potentiels citoyens des cieux, et ce en dépit des paroles limpides du Christ : "Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi" (Jean 14:6). Or, les prophètes véritables n’ont jamais contredit les révélations divines.
Notre monde moderne avec sa masse grouillante d'incultes et de crédules, a cruellement besoin d'espoir et pour en trouver, certains sont prêts à se raccrocher à n'importe quoi afin de donner une justification à la folie des hommes et une lueur d'espérance pour des lendemains qui demeurent incertains. Dans cette perspective de l’aurore eschatologique, le visage du faux prophète n’a jamais été aussi clairement visible qu’aujourd’hui et je plains de tout cœur celui qui ne sait pas encore le reconnaître. C'est ainsi, que l'on voit ces jours-ci apparaitre des prophéties bien particulières sur internet, qui redonnent une certaine forme d'espoir aux lecteurs avides de lendemains qui chantent, après avoir décrite avec brio les temps de tourments que nous vivons tous. Cette prophétie est nommée "La Prophétie de Jean de Jérusalem" et j'ai constaté qu'elle faisait des émules parmi un public de plus en plus nombreux.
D’après ceux qui la relaient sur leurs sites, elle aurait été écrite en 1099 par Jean de Jérusalem (appelé aussi Jean de Vézelay). Il serait né en Bourgogne en 1042 et serait mort à Jérusalem en 1119-1120.
D'après la légende construite autour de cet homme comme de ce manuscrit, il est dit qu'il fut recueilli enfant par des religieux bénédictins sur la route de Compostelle, qu'il est devenu un moine chrétien puis Chevalier Croisé. Il est présenté comme étant l’un des neufs fondateurs de l'Ordre du Templiers, où il participa à la libération de Jérusalem en 1099, conquise 20 ans plus tôt par les Turcs. Ce serait au cours de son séjour dans la ville Sainte qu’il rédigea ce poème prophétique séquencé en 40 parties de deux strophes chacune. Les strophes sont organisées en cinq vers, sans rimes ni versification précise. Ce recueil est appelé "Protocole secret des prophéties" et il y en aurait sept exemplaires dont trois destinés au monastère de Vézelay, et un autre qui se trouverait dans les archives du Vatican.
Il s'agit d'un poème millénariste en deux parties, qui cite tour à tour la décadence du monde par l'inceste, la pédophilie, le vol, la rançon, l'absence d'éducation, la vénalité et les crimes meurtriers des infidèles, le règne secret d'un ordre noir, les déclarations de guerres et toutes sortes de dégradations et de conflits de la société et de l'être humain. Et dont la seconde partie fait état de la sortie de cet état barbare, qui voit l'unification de chacun en un même cœur, où chacun est une part infime du corps des humains qui s'unit en une seule langue et où la Terre sera renouvelée, etc. Ce serait le retour de l'âge d'Or de l'humanité.
La première partie de la prophétie est une sombre prédiction pour la période de l'an 2000, "L'An Mille qui vient après l'An Mille". A l'inverse, la deuxième partie de la prophétie annonce une ère nouvelle et pleine d'espoir, "Lorsque ce sera le plein de l'An Mille qui vient après l'An Mille"...
Quoi qu'il en soit, d’après ce qui est écrit en introduction de ce manuscrit, en 1453 après la conquête de Constantinople par les Turcs, des fidèles du Christ se réfugièrent en Russie, dans l'ile de Zagorsk, Empire de la Foi restée préservée, afin de mettre en sécurité leurs textes sacrés ainsi que des révélations destinées aux générations futures. Parmi ces précieux documents figurait un exemplaire nommé "Le Protocole Secret", qui aurait été retrouvé en 1992 par un dénommé Galvieski, dans les archives du monastère orthodoxe Laure de la Trinité-Saint-Serge. Ce monastère joue aussi un grand rôle culturel, notamment en raison de l'école de copie et de miniatures fondée au XVème siècle. C'est surement ainsi que le lien fut fait, pour justifier que "le protocole secret" ait été conservé et copié puis "perdu". Ce manuscrit enfin retrouvé en 1992-1993 sera alors traduit par le professeur russe Galvieski (ou Gavielevwi) en 1994, et publié aux éditions Jean-Claude Lattès, la même année, sous le titre « Le livre des prophéties ». Ce serait alors l'œuvre d'un des plus grands visionnaires, puisqu'il décrit dans ce poème prophétique les temps présents avec une fascinante et exceptionnelle acuité.
Alors, il est temps de passer à la démystification par les preuves, ou au moins la logique, afin de revenir sur des bases saines, quand bien même de nos jours, nombreux sont ceux qui cherchent dans les prophéties dites anciennes les accréditations de leurs doutes et un fond d'espoir pour des lendemains qui ne s'annoncent pas très joyeux vue la tournure du monde. Je suis loin d'être historien, érudit du sujet "templiers", voire même connaisseur de vieux français. Je ne me permettrai donc pas de m'exprimer avec la moindre prétention, cependant, j'ai quelques remarques à formuler.
Pour commencer, aucun des 9 fondateurs de l'Ordre du Temple ne s'appelle Jean. Les noms des premiers templiers connus d'après mes documents sont : Hugues de Payns, Geoffroy Bisol, Payen de Montdidier, André de Montbard, Geoffroy de St Omer, Rosal, Archambaud de St Amand, Godemar, et Geoffroy.
De plus, nous avons conservé dans nos musées et bibliothèques un fond très important de documents d'époque et nous savons pratiquement tout sur les Templiers, depuis la formation de l'Ordre, la création des commanderies, les règles qui régissaient l'Ordre, jusqu'au procès et son instruction. C'est donc très étonnant qu'un document, d'une importance telle que ces fameuses prophéties, soit passé inaperçu durant des siècles.
J'ai également pensé à une confusion avec un autre ordre qui existait bien à la même époque : Les Hospitaliers de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Bien que cet Ordre n'ait été reconnu par le Pape Pascal II qu'en 1113, mais les Hospitaliers existaient dès 1077 et l'Ordre en lui-même fut créé par Gérard Tenque juste après la conquête de Jérusalem par les Croisés en 1099. Il aurait donc été possible que ce Jean de Jérusalem soit en fait un Hospitalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et qu'il y a eu confusion des deux Ordres.
Enfin, j'ai passé en revue tous les ouvrages en ma possession traitant du Temple, des Francs-maçons, des Rose-Croix ainsi que des prophéties, et même des histoires secrètes. Il n'y a absolument rien concernant le manuscrit de Jean de Jérusalem, pas plus que sur le personnage. Les spécialistes des textes anciens, les hermétistes, ésotéristes et autres historiens spécialisés n'auraient pas manqué de s'y intéresser depuis des années si la chose était avérée.
Pour en revenir à sa situation géographique citée au début du manuscrit, il n'existe pas non plus "d'île" au nom de Zagorsk, mais juste celui d'une ville nommée "Serguiev Possad" et qui fut nommée "Zagorsk" de 1930 à 1991. La petite ville fait partie de l'Anneau d'or constitué par plusieurs villes princières, situées autour de la capitale russe et contenant néanmoins des ensembles architecturaux superbes. Ce qui fait beaucoup de route entre Constantinople et Moscou.
La fondation de Zagorsk remonte au XIVème siècle et coïncide avec l'édification du monastère. Et maints événements ayant marqué l'histoire de la principauté de Moscou sont en rapport avec ce haut lieu orthodoxe. Le monastère est considéré comme le cœur de l'orthodoxie russe, car il a été fondé au XIVème siècle par Saint Serge de Radonège, Saint patron de la Russie. Il mène son action et son ascèse par d'incessants efforts pour élever spirituellement la société russe tout entière. Un vaste cercle de personnes de toutes les classes sociales est attiré par ses idées. Ce sont aussi bien des humbles que des boyards et des princes.
Au XVème siècle, l'endroit acquiert véritablement son statut de "Laure", puis au XVIème siècle Ivan le Terrible le dote d'un ensemble grandiose de bâtiments et d'églises. C'est là que, en 1380, les troupes russes conduites par le Prince Dmitri Donskoï reçurent la bénédiction de la part de Saint Serge de Radonège à la veille de la bataille de Koulikovo, qui fut la première victoire majeure sur les Tatars après 150 ans de domination. Devenu une redoutable forteresse, 3000 défenseurs du monastère investi par les envahisseurs Polono-lituaniens, y soutinrent un siège de 16 mois. Et c'est encore dans l'enceinte du monastère que le Tsar Pierre Ier vient se réfugier, fuyant les streltsy en rébellion. Au cours des siècles suivants la suprématie du monastère se renforça. C'est sans doute l'importance spirituelle et culturelle de ce lieu saint, enracinée dans la conscience populaire, qui empêche le pouvoir soviétique de le détruire au cours du XXème siècle. Bien que des centaines d'autres monastères soient détruits ou laissés à l'abandon dans le pays, les autorités n'osent pas lever la main sur celui-ci. Il est toutefois fermé à partir de 1919, mais dès 1946 il revient à la vie.
Pour ce qui est de la langue d'origine utilisée dans le manuscrit, ce ne pourrait être que le latin, seule langue de transmission de l'époque. Les textes en "français" de l'époque se comptent pratiquement avec les doigts d'une main, et là, la découverte d'un manuscrit français aussi ancien, et de cette nature, aurait forcément fait encore plus de bruit. Et la lecture d'un manuscrit du Xème siècle, qu'il soit en latin médiéval ou en français, n'est pas vraiment aisée, sauf pour un paléographe, du fait du recours par les copistes à des graphies et à des abréviations souvent propres à chaque scriptorium, sinon à chaque copiste. Un tel texte est illisible directement. Là encore, un texte pareil, même découvert par un inconnu, aurait logiquement dû passer par le monde savant.
Pour analyser le texte proprement dit, il ne comprend pas non plus de références aux textes saints connus à cette époque tels que ceux de Daniel ou de l'Apocalypse, omniprésentes chez tous les prophètes médiévaux comme Joachim de Flore, Hildegarde de Bingen, etc. Et les anachronismes qu'il comporte sauteraient aux yeux, j'en suis sûr, de n'importe quel médiéviste, comme pour le mythe des terreurs de l'an mil, qui a été inventé par les historiens romantiques comme Michelet, et dont Georges Duby l'a largement démontré.
De plus, Allah (terme utilisé dans le manuscrit) était un nom inconnu au Moyen-Âge. Le Trésor de la Langue française ne connaît pas d'emploi antérieur à 1704, dans le dictionnaire de Trévoux. Mahomet (Mahom, qui apparaît en français dans la chanson de Roland) et Ismaël étaient au Xème siècle, les seuls noms pouvant désigner l'islam pour la Chrétienté.
Il faut aussi noter qu'à l'inverse des autres œuvres millénaristes connues, sa description des temps de la fin ne contient aucun retour du Christ (parousie), aucun combat contre l'Antéchrist, aucune référence à la victoire sur le péché originel (le fruit de la tentation de Lucifer par le serpent), mais diverses promesses sur un développement psychique et physique de l'Homme lui conférant des pouvoirs divins et surnaturels ainsi qu'un accès à la sagesse et à la paix.
En continuant sur ma lancée, le "professeur Galvieski" n'apparaît pas non plus dans les sites des organes de recherches officiels, des bibliographies et des revues spécialisées. Et il en est de même pour l'auteur supposé. Or lorsqu'on découvre un manuscrit, on en publie le texte ou on en rend compte dans une revue sérieuse, on précise les données matérielles, à commencer par sa localisation actuelle. De plus, on donne deux sources différentes sur la façon dont le recueil a été retrouvé. Les deux textes sont aujourd’hui introuvables. La première dit que ce recueil a été retrouvé par le professeur Galvieski dans les archives du monastère de Zargorsk en Russie au monastère Laure De La Trinité Saint Serge près de Moscou en 1992-1993. Pourtant, il semblerait plutôt que Galvieski l’ait retrouvé dans les archives du KGB à Lubianka, où il était classé avec divers manuscrits provenant de l’Eglise Russe, et non pas d’un monastère orthodoxe. Et selon ceux qui citent les inventaires du KGB, il faisait partie d’un lot d’archives allemandes saisies par les Russes après la chute du mur de Berlin. Ce qui expliquerait les annotations originales en allemand qui y sont apposées, et qui indiquent qu’il fut saisi en 1941, dans une des bibliothèques de la communauté Juive de Varsovie. De même, il n'existe aucune trace de leur supposée découverte au monastère de Zagorsk, pas plus qu'il n'y en a dans les archives du KGB.
Dans tous les cas, ce texte paraît inconnu, sinon des seuls amateurs d'ésotérisme qui pullulent sur internet, mais dont peu d'entre eux font des recherches sur les textes anciens, préférant de loin "copier/coller" ce qu’ils trouvent au fil de leurs recherches peu scrupuleuses. Cela nous montre une fois de plus à quel point la fréquence d'une idée ou d'un fait sur le net, n'est pas révélateur de sa véracité. Sur plusieurs sites Web, dont celui de Jean-Pierre Petit, on trouve la mention d’une prétendue prophétie datée du XIème siècle. Il est à noter également que sur le site de Bernard Werber, romancier reconnu, il annonce en page d'accueil ce texte comme étant celui de Jean de Vezelay, pour faire la promotion d'un de ces romans. Mais une fois après avoir cliqué sur son lien, il annonce le texte comme étant celui de Jean de Jérusalem. Source d'erreurs pour "recopistes" peu scrupuleux... Or, tous les sites qui en traitent se recopient entre eux, et s'approprient mutuellement leurs documents, illustrations comprises. Je me demande si l'une des origines de tous ces sites (francophones) sur le net ne pourraient pas être le site "Elojiah" sur les anges dont l'introduction est souvent recopiée, mais où surtout les sources sont clairement indiquées. Et ces sources nous ramènent entre autres aux livres des éditions Lattes & Grancher. Mais aucun original de cette prophétie n'a été photographié ou exposé à ce jour.
Selon le manuscrit de Loubianka traduit par Gavielski, Jean de Jérusalem serait l’enfant du monastère bénédictin de Vézelay, fils de Bourgogne, soldat du Christ en Terre sainte, et l’un de huit fondateurs de l’ordre du Temple. D’après une autre version, il aurait été plutôt croisé et bénédictin. On assure qu’après la Première Croisade, il aurait découvert un grand secret sur le Mont du Temple à Jérusalem, ce qui a fait de lui un prophète.
Des partisans de l'authenticité de la prophétie ont suggéré que "Jean de Jérusalem" n'était peut-être que le surnom de Pierre-Gérard de Martigues ou d'un autre chevalier croisé ; cependant, les quelques détails de la vie de Jean de Jérusalem donnés dans la préface des livres ne correspondent à la biographie d'aucune personnalité historique connue et il n'existe aucune trace historique de ces prophéties, pas plus qu'il n'y en a de Jean de Jérusalem/de Mareuil/de Vézelay. Celui-ci ne figurant pas d'ailleurs parmi les fondateurs historiques de l'Ordre du Temple.
Alors, de deux choses l'une : ou ce texte est authentique et il est alors singulièrement prémonitoire. Ou bien c'est un faux et il n'a alors d'autre intérêt que littéraire. Sur la base de ces quelques éléments, je pense qu'il s'agit d'un canular écrit dans la seconde moitié du XXème siècle, mais qui mérite d'être évoqué.
Voici donc cette prophétie, qui après maintes péripéties est aujourd'hui disponible, peut-être pour nous enseigner de nombreuses réflexions quant à la folie des hommes.
"Je vois et je sais.
Mes yeux découvrent dans le Ciel ce qui sera et je franchis le temps d'un seul pas.
Une main me guide vers ce que vous ne voyez ni ne savez.
Mille ans auront passé et Jérusalem ne sera plus la ville des Croisés du Christ.
Le sable aura enfoui sous ses grains les murailles de nos châteaux, nos armures et nos os. Il aura étouffé nos voix et nos prières.
Les Chrétiens venus de loin en pèlerins là où étaient leur Droit et leur Foi, n'oseront s'approcher du Tombeau et des Reliques qu'escortés par des Chevaliers Juifs
qui auront ici leur Royaume et leur Temple.
Les Infidèles seront une foule innombrable qui se répandra partout
et leur foi résonnera comme le tambour d'un bout à l'autre de la Terre
Je vois la Terre immense.
Des continents qu’Hérodote ne nommait que dans ses rêves se seront ajoutés au-delà des grandes forêts dont parle Tacite,
et loin au bout de mers illimitées qui commencent après les Colonnes d'Hercule.
Mille ans auront passé depuis le temps que nous vivons
et les fiefs se seront partout rassemblés en de grands royaumes et de vastes empires.
Des guerres aussi nombreuses que les mailles de la cote que portent les Chevaliers de l'Ordre se seront entrecroisées, défaisant les royaumes et les empires, en tissant d'autres.
Et les serfs, les manants, les pauvres sans feu se seront mille fois révoltés, brûlant les récoltes, les châteaux et les villes, jusqu'à ce qu'on les écorche vifs et qu'on force les survivants à rentrer dans leurs tanières.
Ils se seront crus Rois.
Mille ans auront passé et l'homme aura gagné le fond des mers et des cieux
et il sera comme une étoile au firmament.
Il aura acquis la puissance du soleil et il se sera pris pour Dieu,
bâtissant sur l'immense terre mille tours de Babel.
Il aura construit des murs sur les ruines de ceux qu'avaient élevés les Empereurs de Rome, et ils sépareront une nouvelle fois des Légions et des Tribus Barbares.
Au-delà des grandes forêts sera un Empire.
Quand les murs s'effondreront l'Empire ne sera plus qu'une eau boueuse.
Les peuples seront une nouvelle fois mêlés.
Alors commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille.
Je vois et je sais ce qu'il sera.
Je suis le scribe.
Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille l'homme sera devant la bouche d'ombre d'un labyrinthe obscur.
Et je vois au fond de cette nuit dans laquelle il va s'enfoncer les yeux rouges du Minotaure.
Prends garde à sa fureur cruelle, toi qui vivras l'An Mille qui vient après l'An Mille.
Lorsque commencera l'An Mille qui vient après L'An Mille...
L'Or sera dans le Sang
Qui regardera les étoiles y comptera des deniers
Qui entrera dans le Temple y rencontrera les marchands
Les Souverains seront changeurs et usuriers
Le Glaive défendra le Serpent
Mais le feu couvera
Chaque ville sera Sodome et Gomorrhe
Et les enfants des enfants deviendront la nuée ardente
Ils lèveront les vieux étendards
L'Homme aura peuplé les Cieux et la Terre et les Mers de ses Créatures
Il ordonnera
Il voudra les pouvoirs de Dieu
Il ne connaîtra aucune limite
Mais chaque chose se retournera
Il titubera comme un roi ivre
Il galopera comme un chevalier aveugle
Et à coup d'éperon il poussera sa monture dans la forêt
Au bout du chemin sera l'abîme
Se dresseront en tous points de la Terre des Tours de Babel
Ce sera Rome et ce sera Byzance
Les champs se videront
Il n'y aura de loi que de soi et de sa bande
Mais les Barbares seront dans la ville
Il n'y aura plus de pain pour tous
Et les jeux ne suffiront plus
Alors les gens sans avenir
Allumeront les grands incendies
La faim serrera le ventre de tant d'hommes
Et le froid bleuira tant de mains
Que ceux-là voudront voir un autre monde
Et des marchands d'illusions viendront qui proposeront le poison
Mais il détruira les corps et pourrira les âmes
Et ceux-là qui auront mêlé le poison à leur sang
Seront comme bête sauvage prise au piège
Et tueront et violeront et rançonneront et voleront
Et la vie deviendra une apocalypse de chaque jour
Chacun cherchera à jouir tout ce qu'il peut
L'Homme répudiera son épouse autant de fois qu'il se mariera
Et la femme ira par les chemins perdus (creux) prenant celui qui lui plaira
Enfantant sans donner le nom du Père
Mais aucun Maître ne guidera l'Enfant
Et chacun parmi les autres sera seul
La tradition sera perdue
La loi sera oubliée
Comme si l'Annonce n'avait pas été faite et l'homme redeviendra sauvage
Le père prendra son plaisir avec sa fille
L'homme avec l'homme la femme avec la femme
Le vieux avec l'enfant impubère
Et cela sera aux yeux de tous
Mais le sang deviendra impur
Le mal se répandra de lit en lit
Le corps accueillera toutes les putréfactions de la terre
Les visages seront rongés les membres décharnés
L'amour sera haute menace pour ceux qui ne se connaissent que par la chair
Celui qui parlera de Serment et de Loi
Ne sera pas entendu
Celui qui prêchera la Foi du Christ
Perdra sa voix dans le désert
Mais partout se répandra les eaux puissantes des religions infidèles
De faux messies rassembleront les hommes aveuglés
Et l'infidèle armé sera comme jamais il ne fut
Il parlera de justice et de droit et sa foi sera brûlante et tranchante
Il se vengera de la Croisade
Le bruit de la mort donnée roulera comme l'orage sur la terre
Les barbares seront mêlés aux soldats des dernières légions
Les Infidèles vivront dans le cœur des Villes Saintes
Chacun sera tour à tour barbare, infidèle et sauvage
Il n'y aura plus d'ordre ni de règle
La haine se répandra comme la flamme dans la forêt sèche
Les barbares massacreront les soldats
Les infidèles égorgeront les croyants
La sauvagerie sera de chacun et de tous et les villes périront
Les hommes se jugeront entre eux selon leur sang et leur foi
Nul n'écoutera le cœur souffrant des enfants
On les dénichera comme des oisillons
Et personne ne saura les protéger de la main raidie par le gantelet
La haine inondera les terres qui se croyaient pacifiées
Et nul ne sera épargné ni les vieux ni les blessés
Les maisons seront détruites ou volées
Les uns prendront la place des autres
Chacun fermera les yeux pour ne pas voir les femmes violées
Chacun saura ce qui est en tous les lieux de la terre
On verra l'enfant dont les os percent la peau
Et celui dont les yeux sont couverts de mouches
Et celui qu'on pourchasse comme un rat
Mais l'homme qui verra détournera la tête
Car il ne se souciera que de lui
Celui-là donnera une poignée de grains comme aumône
Alors qu'il dort sur des sacs pleins
Et ce qu'il donnera d'une main il le reprendra de l'autre
L'homme fera marchandise de tout
Chaque chose aura son prix
L'arbre l'eau et l'animal
Plus rien ne sera vraiment donné et tout sera vendu
Mais l'homme alors ne sera plus que poids de chair
On troquera son corps comme un quartier de viande
On prendra son œil et son cœur
Rien ne sera sacré ni sa vie ni son âme
On se disputera sa dépouille et son sang comme une charogne à dépecer
L'homme aura changé le visage de la terre
Il se voudra le Maître et le Souverain des forêts et des troupeaux
Il aura creusé le sol et le ciel
Et tracé son sillon dans les fleuves et les mers
Mais la terre sera nue et stérile
L'Air deviendra brûlant et l'eau sera fétide
La vie se fanera car l'homme épuisera la richesse du monde
Et l'homme sera seul comme un loup
Dans la haine de lui
L'enfant sera lui aussi vendu
Certains se serviront de lui comme d'une quintaine
Pour jouir de sa neuve peau
D'autres le traiteront comme un animal servile
On oubliera la faiblesse sacrée de l'enfant
Et son mystère
Il sera comme un poulain qu'on dresse
Comme un agneau qu'on saigne qu'on abat
Et l'homme ne sera plus rien que barbarie
Le regard et l'esprit des hommes seront prisonniers
Ils seront ivres et l'ignoreront
Ils prendront les images et les reflets pour la vérité du monde
On fera d'eux ce que l'on fait d'un mouton
Alors les carnassiers viendront
Les rapaces les mettront en troupeau pour mieux les guider vers l'abîme
Et les dresser les uns contre les autres
On les écorchera pour prendre leur laine et leur peau
Et l'homme s'il survit sera dépouillé de son âme
Régnerons des Souverains sans croyance
Ils ordonneront aux foules humaines innocentes et passives
Ils cacheront leurs visages et garderont leurs noms secrets
Et leurs châteaux forts seront perdus dans les forêts
Mais ils décideront du sort de tout et de tous
Personne ne participera aux assemblées de leur ordre
Chacun sera vrai serf et se croira homme libre et chevalier
Seuls se dresseront ceux des villes sauvages et des fois hérétiques
Mais ils seront d'abord vaincus et brûlés vifs
Les hommes seront si nombreux sur les terres
Qu'ils ressembleront à une fourmilière dans laquelle on enfonce le bâton
Ils grouilleront et la mort les écrasera du talon
Comme des insectes affolés
De grands mouvements les pousseront d'une contrée à l'autre
Les peaux brunes se mêleront aux peaux blanches
La Foi du Christ à celle de l'Infidèle
Certains prêcheront la paix jurée
Mais partout ce sera la guerre des tribus ennemies
Les hommes voudront franchir toutes les enceintes
La mère aura les cheveux gris d'une vieille
Le chemin de la nature sera abandonné
Et les familles seront comme des grains séparés que rien ne peut unir
Ce sera donc un autre monde
Chacun errera sans lien comme un cheval emballé
Allant en tous sens sans guide
Malheur au chevalier qui chevauchera cette monture
Il sera sans étrier et chutera dans le fossé
Les hommes ne s'en remettront plus à la loi de Dieu
Mais voudront guider leur vie comme une monture
Ils voudront choisir leurs enfants dans le ventre de leurs femmes
Et tueront ceux qu'ils n'aimeront pas
Mais que sera l'homme qui se prendra ainsi pour Dieu ?
Les Puissants se saisiront des meilleures terres et des plus belles femmes
Les pauvres et les faibles seront du bétail
Chaque masure deviendra donjon
La peur sera en chaque cœur comme un poison
Un ordre noir et secret aura surgi
Sa loi sera de haine et son arme le poison
Il voudra toujours plus d'or et étendra son règne sur toute la terre
Et ses servants seront liés entre eux par un baiser de sang
Les hommes justes et les faibles subiront sa règle
Les Puissants se mettront à son service
La seule loi sera celle qu'il dictera dans l'ombre
Il vendra le poison jusque dans les églises
Et le monde marchera avec ce scorpion sous son talon
Bien des hommes resteront assis les bras croisés
Ou bien iront sans savoir où les yeux vides
Car ils n'auront plus de forge où battre le métal
Et plus de champ à cultiver
Ils seront comme une graine qui ne peut prendre racine
Errants et démunis humiliés et désespérés
Les plus jeunes et les plus vieux souvent sans lieux
Ils n'auront que la guerre pour salut
Et ils se combattront d'abord eux-mêmes et ils haïront leur vie
Les maladies de l'eau du ciel et de la Terre
Frapperont l'homme et le menaceront
Il voudra faire renaître ce qu'il a détruit et protéger ce qui demeure
Il aura peur des jours qui viennent
Mais il sera bien tard
Le désert rongera la terre et l'eau sera de plus en plus profonde
Elle ruissellera certains jours en emportant tout comme un déluge
Et elle manquera le lendemain à la terre
Et l'air rongera le corps des plus faibles
La terre tremblera en plusieurs lieux et les villes s'effondreront
Tout ce que l'on aura construit sans écouter les sages
Sera menacé et détruit
La boue submergera les villages et le sol s'ouvrira sous les Palais
L'homme s'obstinera car l'orgueil est sa folie
Il n'entendra pas l'avertissement répété de la terre
Mais l'incendie détruira les nouvelles Rome
Et dans les décombres accumulés
Les pauvres et les barbares pilleront malgré les Légions les richesses abandonnées
Le soleil brûlera la terre
L'Air ne sera plus le voile qui protège du feu
Il ne sera qu'un rideau troué
Et la lumière brûlante rongera les peaux et les yeux
La mer s'élèvera comme une eau qui bout
Les villes et les rivages seront ensevelies
Et des continents entiers disparaîtront
Les hommes se réfugieront sur les hauteurs
Et ils reconstruiront oubliant déjà ce qui est survenu.
Les hommes sauront faire vivre des mirages
Les sens seront trompés et ils croiront toucher ce qui n'est pas
Ils suivront des chemins que seuls les yeux verront
Et le rêve pourra ainsi devenir vivant
Mais l'homme ne saura plus séparer ce qui est de ce qui n'est pas
Il se perdra dans de faux labyrinthes
Ceux qui sauront faire naître des mirages
Se joueront de l'homme naïf en le trompant
Et beaucoup d'hommes deviendront des chiens rampants.
Les animaux que Noé avait embarqués sur son Arche
Ne seront plus entre les mains de l'Homme
Que bêtes transformées selon sa volonté
Et qui se souciera de leur souffrance vivante ?
L'homme aura fait de chaque espèce ce qu'il aura voulu.
Et il en aura détruit d'innombrables
Que sera devenu l'homme qui aura changé les lois de la vie
Qui aura fait de l'animal vivant une motte de glaise
Sera-t-il l'égal de Dieu ou l'enfant du Diable ?
Il faudra avoir peur pour l'enfant de l'homme
Le poison et le désespoir le guetteront
On ne l'aura désiré que pour soi et non pour lui ou pour le monde
Il sera traqué pour le plaisir et parfois on vendra son corps
Mais même celui qui sera protégé par les siens
Sera menacé d'avoir l'esprit mort
Il vivra dans le jeu et le mirage
Qui le guidera puisqu'il n'y aura plus maître
Personne ne lui aura enseigné à espérer et à agir.
L'homme se croira Dieu alors qu'il ne sera rien de plus qu'à sa naissance
Il frappera toujours vaincu par la colère et la jalousie.
Mais son bras sera armé de la puissance dont il se sera emparé
Et Prométhée aveuglé il pourra tout détruire autour de lui
Il restera un nain de l'âme et il aura la force d'un géant.
Il avancera d'un pas immense mais il ignorera quel chemin prendre
Sa tête sera lourde de savoir
Mais il ne saura pas pourquoi il vit et il meurt
Il sera comme toujours le fou qui gesticule ou l'enfant qui geint
Des contrées entières seront la proie de la guerre
Au-delà du limès romain et même sur l'ancien territoire de l'Empire
Les hommes des mêmes cités s'égorgeront
Ici sera la guerre entre tribus et là entre croyants
Les Juifs et les enfants d'Allah n'en finiront pas de s'opposer
Et la terre du Christ sera leur champ de bataille
Mais les infidèles voudront partout défendre la pureté de leur foi
Et il n'y aura en face d'eux que doute et puissance
Alors la mort s'avancera partout comme l'étendard des temps nouveaux
Des hommes en multitude seront exclus de la vie humaine
Ils n'auront ni droits ni toit ni pain
Ils seront nus et n'auront que leurs corps à vendre
On les rejettera loin des tours de Babel de l'opulence
Ils grouilleront comme un remords et une menace
Ils occuperont des contrées entières et prolifèreront
Ils écouteront les prédications de la vengeance
Et ils se lanceront à l'assaut des tours orgueilleuses
Le temps sera revenu des invasions barbares
L'homme sera entré dans le labyrinthe obscur
Il aura peur et il fermera les yeux car il ne saura plus voir
Il se défiera de tout et il craindra à chaque pas
Mais il sera poussé en avant car aucune halte ne sera permise
La voix de Cassandre sera pourtant haute et forte
Il ne l'entendra pas
Car il voudra toujours plus posséder et sa tête sera perdue dans les mirages
Ceux qui seront ses Maîtres le tromperont
Et il n'y aura que des mauvais bergers
Lorsque ce sera le plein de l'An Mille qui vient après l'An Mille
Les hommes auront enfin ouvert les yeux
Ils ne seront plus enfermés dans leurs têtes et dans leurs cités
Ils se verront et s'entendront d'un point à l'autre de la terre
Ils sauront que ce qui frappe l'un blesse l'autre
Les hommes formeront comme un grand corps unique
Dont chacun d'eux sera une part infime
Et ils constitueront ensemble le cœur
Et il y aura enfin une langue qui sera parlée par tous
Et il naîtra ainsi enfin le grand humain
L'homme aura conquis le ciel
Il créera des étoiles dans la grande mer bleu sombre
Et il naviguera sur cette nef brillante
Nouvel Ulysse compagnon du Soleil pour l'Odyssée Céleste
Les hommes pourront s'enfoncer sous les eaux
Leur corps sera nouveau et ils seront poissons
Et certains voleront haut plus haut que les oiseaux
Comme si la pierre ne tombait pas
Ils communiqueront entre eux
Car leur esprit sera si grand ouvert qu'il recueillera tous les messages
Et les rêves seront partagés
Et ils vivront aussi longtemps que le plus vieux des hommes
Celui dont parle les Livres Saints
L'homme saura quel est l'esprit de toute chose
La pierre ou l'eau le corps de l'animal ou le regard de l'autre
Il aura percé les secrets que les Dieux anciens possédaient
Et il poussera porte après porte dans le labyrinthe de la vie nouvelle
Il créera avec la puissance et le jaillissement d'une source
Il enseignera le savoir à la multitude des hommes
Et les enfants connaîtront la terre et le ciel plus qu'aucun avant eux
Et le corps de l'homme sera agrandi et habile
Et son esprit aura enveloppé toutes choses et les aura possédées
L'homme ne sera plus le seul souverain car la femme viendra saisir le sceptre
Elle sera la grande maîtresse des temps futurs
Et ce qu'elle pensera elle l'imposera aux hommes
Elle sera la mère de cet An Mille qui vient après l'An Mille
Elle répandra la douceur tiède de la mère après les jours du Diable
Elle sera la beauté après la laideur des temps barbares
L'An Mille qui vient après l'An Mille se changera en temps léger
On aimera et on partagera
On rêvera et on enfantera les rêves
L'homme connaîtra une seconde naissance
L'Esprit saisira la foule des hommes
Qui communieront dans la fraternité
Alors s'annoncera la fin des temps barbares
Ce sera le temps d'une nouvelle vigueur de la Foi
Après les jours noirs du commencement de l'An Mille qui vient après l'An Mille
S'ouvriront des jours heureux
L'homme retrouvera le chemin des hommes
Et la terre sera ordonnée
Des voies iront d'un bout à l'autre de la terre et du ciel à l'autre bout
Les forêts seront à nouveau denses
Et les déserts auront été irrigués
Les eaux seront redevenues pures
La Terre sera comme un jardin
L'Homme veillera sur tout ce qui vit
Il purifiera ce qu'il a souillé
Il sentira toute la terre comme sa demeure
Et il sera sage pensant aux lendemains
Chacun sera comme un pas réglé
On saura tout du monde et de son corps
On soignera la maladie avant qu'elle n'apparaisse
Chacun sera guérisseur de soi et des autres
On aura compris qu'il faut aider pour maintenir
Et l'homme après des temps de fermeture et d'avarice
Ouvrira son cœur et sa bourse aux plus démunis
Il se sentira chevalier de l'ordre humain
Et ainsi ce sera un temps nouveau qui commencera
L'homme aura appris à donner et à partager
Les jours amers de solitude seront enfouis
Il croira à nouveau à l'Esprit
Et les barbares auront acquis droit de cité
Mais cela viendra après les guerres et les incendies
Cela surgira des décombres noircis des tours de Babel
Et il aura fallu la poigne ferrée
Pour que s'ordonne le désordre
Et que l'homme retrouve le bon chemin
L'homme saura que tous les vivants sont porteurs de lumière
Et qu'ils sont créatures à respecter
Il aura construit les nouvelles cités
Dans le ciel sur la terre et sur la mer
Il aura la mémoire de ce qui fut
Et il saura lire ce qui sera
Il n'aura plus peur de sa propre mort
Car il aura dans sa vie vécu plusieurs vies
Et la Lumière, il le saura, ne sera jamais éteinte"
Voilà donc pour ce qui est de ce texte réputé prophétique, certes bien inspiré mais dont on peut constater qu'il n'a rien à voir avec les véritables textes prophétiques et encore moins avec les prophéties bibliques et apocalyptiques comme celles de Saint-Jean. Et bien qu'il ai l'avantage à mon sens, de faire passer un moment agréable au lecteur, il permet aussi de nous faire réfléchir un peu plus profondément à nos propres actes inconscients et départis de toute moralité, comme ce que nous vivons à l'heure actuelle dans ce monde aux valeurs inversées, mais surtout aux conséquences qu'ils engendrent. Et si vous doutez du monde qui arrive, construit par cette secte des mondialistes, si vous vous sentez déprimés et impuissants, alors agissez à votre petit niveau mais constamment pour contrer les agissements de ces fous délirants qui ont accaparé le pouvoir grâce à l'illusion de la finance. N’attendez pas de sauveur providentiel et extérieur à vous-même, même si d’autres personnes peuvent vous aider à garder espoir et à obtenir une vie joyeuse et bien remplie, c'est avant tout à vous d'agir pour vous-même. Devenez votre propre sauveur, rayonnez de l’amour christique universel (non religieux) et rendez grâce à la Vie. Soyez vous-même dès à présent ce changement que vous attendez dans le monde. Agissez pour faire en sorte que notre civilisation ne tombe pas dans l'abîme de sa destinée par la faute de votre inaction. Commencez par nettoyer devant votre porte si vous voulez qu'un jour la rue soit propre. Car, le plus souvent, nous avons simplement besoin d’un changement de perspective, un exemple positif qui nous montre que nous devons regarder les choses avec plus de détermination et d’optimisme. Et comme dit l'adage, seul le premier pas est difficile à entreprendre, car si vous prenez la décision de ne jamais renoncer et d’aller au bout des choses, si vous donnez l’exemple à tous ceux qui vous entourent, vous serez ce sauveur providentiel. Car c’est grâce à la détermination et non à la fuite que les obstacles de la vie peuvent être surmontés.
Pour conclure, je vous citerai une jolie histoire, une parabole éclairée ou une merveilleuse légende, comme vous voudrez, qui montre comment le simple changement de perspective peut changer notre façon de voir la vie et d'en être les acteurs conscients. Elle nous apprend que l’altruisme et la bienveillance sont importants, et que nous pouvons tous "faire notre part" afin de contribuer au bien-être du plus grand nombre. Cette part peut vous sembler insignifiante, mais il n’en est rien car c’est l’engagement général et la somme des actions qui sont importants.
Le jeune colibri volait avec conviction et détermination, s’enfonçant de plus en plus dans la forêt, jusqu’à la découverte d’un lac. Puis il remplit son bec de quelques gouttes d’eau pour les jeter sur les flammes. Comme son bec ne pouvait contenir que peu d’eau, il répéta le processus plusieurs fois. Même si cela n’avait qu’un faible impact sur l’incendie, il ne renonçait pas et continuait ses allers-retours.
Les autres animaux, qui vivaient aussi dans la forêt, étaient surpris de cette persistance. Ils étaient convaincus qu’on ne pouvait plus rien faire et que la seule solution était de partir pour recommencer une vie ailleurs. Après un moment, un animal lui demanda:
– Qu’est-ce que tu fais? Pourquoi ne fuis-tu pas le feu pour essayer de sauver ta vie?
Le colibri regarda alors ses compagnons quitter la forêt, pris une profonde inspiration et répondit:
– Ma vie est dans cette forêt, mon nid et tout ce que j’ai construit, ainsi que vous tous. Je ne veux pas qu’elle soit détruite, et cela me briserait le cœur de savoir que je n’ai pas agi pour essayer de la sauver. Donc, je fais mon possible pour lutter contre ce feu et sauver ce qui compte pour moi.
Certains animaux, agacés par cette agitation dérisoire, lui dirent :
– Mais tout ce que tu peux faire, c’est jeter quelques gouttes d’eau sur ce feu. Ce n’est pas avec ces quelques gouttes que tu vas pouvoir éteindre le feu!
Après cela, le colibri répondit tout simplement:
– Vous avez peut-être raison, mais moi au moins je fais ma part.
La grande détermination du colibri toucha de nombreux animaux et ils prirent conscience que l’effort d’un seul ne suffirait pas, mais que si tout le monde s’y mettait ensemble, ils pourraient certainement éteindre le feu et sauver leur forêt. Tous les animaux se mirent alors à faire de nombreux allers-retours jusqu’au lac pour transporter le plus d’eau possible. Après une lutte acharnée, ils parvinrent à éteindre les flammes et retrouvèrent leur maison."
Nous sommes tous, à un moment ou un autre, englués dans nos habitudes, notre train-train quotidien et notre zone de sécurité et de confort. Et nous perdons alors, tout doucement, le goût de l’aventure qu'est la Vie. Vous connaissez peut-être cette citation de Mark Twain : "Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait !". Elle nous incite, comme je tente de le faire avec mes différents livres et billets, à commencer et à faire les choses avant même de se poser la question d’un éventuel succès. Elle nous incite aussi à sortir de notre engourdissement, à ignorer nos craintes, très souvent infondées, et à enfin vivre nos rêves...
...Plutôt que de rêver notre vie !
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