LA COURSE A LA MORT !

Le pays le plus corrompu au monde s’est transformé en avant-garde de l’industrie de la mort. L’Ukraine, ce laboratoire vivant de l’expertise de la mort technologique, investie jusqu’au cou dans les aliments OGM, les laboratoires biologiques militaires, le trafic d’organes et d’êtres humains, est dirigée depuis plus de deux ans par un président qui envoie sa jeunesse mourir sur le front. Et cette jeunesse sacrifiée sur le front n’est plus seulement victime des armes traditionnelles mais sert de cobaye vivant pour perfectionner des machines insensibles à la peur, à la fatigue et à la morale. Ici, la mort n’est plus accidentelle puisqu’elle est désormais robotisée, programmée, industrialisée et bientôt normalisée. Et pendant que le monde détourne toujours le regard, l’industrie de la guerre robotisée s’y déploie à grande échelle, préparant une dystopie globale.

Aujourd’hui, ce pays n’est plus seulement un théâtre de guerre mais il est aussi devenu le terrain expérimental des robots tueurs américains de la société Foundation. Les Phantom MK-1, sortes d’humanoïdes de combat, y sont désormais testés en conditions réelles de combat. L’Ukraine devient ainsi le laboratoire - ou l’asile psychiatrique à ciel ouvert- où la fiction du film Terminator se matérialise sous nos yeux et où les visions dystopiques d’un futur automatisé de la mort, tant vantées par les mondialistes malthusiens, deviennent réalité. Or, le véritable danger n’est pas seulement celui des machines automatisées pout tuer, mais celui d’un monde où l’on finit par trouver rationnel de remplacer l’humain sur le champ de bataille, comme dans de nombreux secteurs de l’industrie et de la société désormais, de gérer la vie sous toutes ses formes comme un flux d’algorithmes et d’appeler encore cela du progrès !

Le fantasme du progrès cache une morale inversée

Le discours de Mike LeBlanc, directeur de Foundation, est révélateur lorsqu’il argumente qu’envoyer des robots au combat serait un "impératif moral". L’argument est habile, presque séduisant et profondément vicié. Car réduire les pertes du côté de l’attaquant ne rend pas la guerre plus morale pour autant. Cela peut la rendre plus facile ou plus propre, en apparence, donc éventuellement plus acceptable politiquement. Mais aussi mécaniquement plus fréquente et la guerre ne sera jamais morale !

Mais le véritable problème, avec ce genre de personnes complètement hypnotisée par son malthusianisme débridé, est plus grave encore puisque ce prétendu "progrès" révèle une hiérarchie des priorités proprement sidérante. D’un côté, des moyens colossaux sont mobilisés pour concevoir des machines capables de traquer, neutraliser, tuer ou détruire. De l’autre, les besoins les plus élémentaires de l’humanité restent chroniquement sous-financés pour l’assistance aux personnes âgées, l’accompagnement du handicap, l’aide à domicile, l’accès à l’alimentation saine, l'eau potable ou la lutte contre la pollution, qui sont autant de fonctions que pourraient remplir les robots au lieu d’aller faire la guerre !

La question n’est donc pas technique. Elle est clairement morale et politique et par conséquent financière. Car il faut se demander pourquoi l’innovation la plus rapide, la plus financée, la plus encouragée est-elle celle qui perfectionne systématiquement la capacité de tuer ? Pourquoi les robots qui émergent en priorité sont-ils des soldats et non des soignants ? Ce que l’on vend comme un progrès technique n’est qu’une autre optimisation logistique de la violence, une nouvelle rationalisation de la mort.

Ce déséquilibre intellectuel n’a rien d’accidentel, mais il traduit une constante historique où les logiques militaires captent les budgets, accélèrent la recherche et imposent leurs priorités mortifères au détriment du bien-être des humains et de la vie tout simplement. Les "fous de guerre et de sang", qu’ils soient industriels, scientifiques, stratèges, banquiers ou décideurs n’ont jamais cessé de privilégier la puissance destructrice sur le progrès humain réel. Et le résultat est carrément obscène, puisque des milliards sont engloutis pour automatiser la mort, alors qu’il ne reste même pas des miettes pour soulager la vie. Et pendant que certains débiles (nommons les pour ce qu’ils sont !)Imaginent des essaims de robots armés détruisant l’humanité, une grande partie de la planète continue de lutter encore pour survivre, manger et boire ou respirer dans un environnement devenu de plus en plus toxique. Or, cette contradiction, pourtant nommée "progrès" n’est pas une fatalité, mais bien un choix délibéré.

C’est une volonté abjecte qui va bien au-delà du crétinisme, puisque chaque dollar investi dans ces technologies mortifères est un dollar non investi ailleurs. Et l’argument moral de substitution visant à faire croire que c’est pour "sauver des soldats" tente de masquer en réalité une fuite en avant des plus archaïques où l’on ne cherche même pas à réduire la guerre, mais à la rendre seulement plus soutenable pour ceux qui la déclenchent perpétuellement. C'est-à-dire les financiers, les médias et le complexe militaro-industriel dans son ensemble qui regorge de tous les plus grands détraqués de la planète.

Les leçons de l’histoire sont pourtant limpides concernant les guerres, puisque lorsque le coût humain disparaît du côté des décideurs, le seuil de déclenchement des conflits s’effondre et la guerre cesse alors d’être une tragédie pour devenir un outil de plus pour générer des profits. De facto, ce que l’on nous vend comme étant une avancée "éthique" est en réalité son opposé avec une optimisation logistique de la violence. L’éthique la plus basique, serait simplement de cesser de faire la guerre et de ne plus chercher à l’optimiser en inventant perpétuellement des moyens de tuer toujours plus d’humains ! Ainsi, la seule question qui demeure dans ce discours tenu par des assassins de masse, est aussi brutale qu’indécente, tant elle est évidente pour savoir combien d’argent faudra-t-il encore engloutir dans la recherche de notre propre destruction avant que l’humanité consente enfin à financer sa propre survie ?

Industrialisation du meurtre 

Les caractéristiques des robots tueurs nommés Phantom MK-1 et les ambitions du MK-2,  déployés en Ukraine, ne relèvent pas seulement de l’innovation militaire mais dessinent une transformation structurelle et méthodique, presque clinique de la volonté de donner la mort à l’échelle de masse avec une production de dizaines de milliers d’unités par an, un coût cible de moins de 20 000 dollars soutenu par un modèle économique basé sur la location à grande échelle d'une armée de robot. Autrement dit, la guerre bascule dans une nouvelle ère de production industrielle de la violence automatisée servant le secteur privé.

Ce basculement de la guerre est fondamental. C’est une rupture anthropologique où la guerre cesse d’impliquer des vies humaines pour devenir un flux de matériel à gérer, une variable d’inventaire. Ce n’est plus de l’art de la guerre dont il s’agit, mais de la sérigraphie de la mort à la chaine. On ne parle plus non plus d’armes rares, sophistiquées ou exceptionnelles, tenues par des troupes d’élites formées et engagées volontairement. On parle de flottes entières de machines sans âmes, remplaçables, interchangeables et conçues pour être déployées à grande échelle, perdues ou détruites, mais remplacées comme de simples consommables logistiques.

On retrouve encore ici, sans le moindre détour moral, les logiques les plus classiques du capitalisme industriel assumé comme prédateur, et désormais assassin, de l’humanité. C'est une standardisation du meurtre soutenue par une pseudo réduction des coûts, portée par une optimisation des chaînes d’assemblage visant une montée en cadence. Sauf que l’objet produit n’est pas un bien de consommation. C’est une capacité de destruction globale. 

Or, tout ceci se fera lorsque des robots autonomes assembleront des robots tueurs, dirigés par de l’IA en roue libre, visant à éliminer les humains en masse… 

C’est exactement le scenario de Terminator, mais cette fois, c’est bien réel et c’est encore en Ukraine que cela se passe !! Et la parenté, sinon la similitude parfaite avec "Terminator 2 : Judgment Day" n’a rien d’un effet de style. En effet, dans ce film, la terreur ne vient pas d’une machine exceptionnelle, mais bien de la possibilité de les produire en série, à l’infini et sans intervention humaine. Ce sont des chaînes automatisées de fabrication de tueurs de sang froid. Et c’est exactement cette logique qui se met en place sous nos yeux actuellement. 

Et c’est là que le discours technologique bascule dans quelque chose de profondément inquiétant étant donné que derrière les éléments de langage habituels comme "l’innovation", "l’efficacité" ou encore "la réduction des pertes" se profile une banalisation industrielle et totale de la mise à mort. Et il faut être très lucide à ce sujet, car cette fuite en avant n’est pas neutre. Elle traduit clairement cette forme d’hybris, cette démesure que les Grecs anciens considéraient comme annonciatrice de catastrophe et dont tous nos dirigeants actuels sont atteints. Une sorte de virus mental qui sévit de plus en plus et ravage les cerveaux, au fur et à mesure que le 21ème siècle avance.

Il ne s’agit plus ici et désormais de traiter à la légère ceux qui portent ces projets mortifères, à l’instar d’un Bill Gates et de ses vaccins tueurs ou des trafics en tous genres générés par la CIA ou le Mossad, mais bien de les arrêter, coûte que coûte, dans leurs délires compulsifs. Et  il faut dire clairement que cette trajectoire relève d’une irresponsabilité majeure, sinon de pathologies psychiatriques, qu’il est temps de traiter comme telle. À ce stade, la vraie rupture est anthropologique puisque c’est notre rapport à la vie elle-même qui est en train de basculer. Et c’est précisément ce glissement silencieux, ce laisser faire généralisé, qui rend l’ensemble si dangereux.

Ce que la fiction avait anticipé avec Terminator n’était finalement pas une prophétie mystique, mais bien une extrapolation logique des dérives mentales de ces personnalités agissant sans aucuns gardes fous. Et je pèse mes mots, car il est grand temps d’enfermer et de garder ces fous ! En les laissant libres d’organiser la production massive de systèmes conçus pour tuer, on prépare toutes les conditions de dérives qui, demain, pourraient être qualifiées, à juste titre, de crimes d’une ampleur inédite. Or, aujourd’hui, cette logique est à l’œuvre et ne demande plus qu’à s’amplifier.

L’hybris technologique atteint des sommets insupportables, précisément parce qu’elle se drape d’une prétendue rationalité, qu’elle se fait passer pour inévitable, presque désirable, alors qu’elle orchestre, avec une précision clinique, le déchaînement d’une violence inouïe. La question n’est plus de savoir si cette trajectoire est possible, mais combien de temps encore nous allons tolérer qu’on appelle cette folie dévastatrice “progrès”, alors qu’elle est tout sauf cela et annonce un enchaînement de catastrophes prévisibles maquillées en avancées technologiques.

Quand la vie devient une simple variable

Ce qui se joue derrière cette industrialisation de la mort dépasse très largement le cadre militaire puisqu’elle révèle une vision du monde profondément malsaine et malthusienne avec une logique technocratique et utilitariste, où tout, y compris la vie humaine, tend à être évalué en termes de coût, d’efficacité et d’optimisation. Et dans cette grille de lecture digne des pires tueurs à gage de la mafia, la question n’est plus de savoir ce que vaut une vie ? Mais combien rapporte-t-elle et comment est-elle "optimisable" ?

C’est exactement le même logiciel mental décadent qui permet de justifier des investissements massifs dans des machines à détruire, tout en reléguant au second plan les besoins fondamentaux des populations, comme toute forme d’humanité et de morale. Tout le monde sait bien que lorsque les ressources affluent vers la capacité de détruire plutôt que vers la capacité de soigner, accompagner ou réparer, ce n’est pas un hasard. C’est le reflet d’un déséquilibre mental très profond.

Le fil conducteur qui mène l’esprit de ces dégénérés est limpide puisque dans ces esprits malades, la primauté de la logique technique l’emporte sur la logique humaine. Et ce basculement est extrêmement dangereux car il installe une forme de déshumanisation douce, progressive et presque invisible, mais totale. La protection de la vie n’est alors plus un tabou absolu puisqu’elle devient un paramètre technique parmi d’autres, susceptible d’être géré, déplacé et remplacé. 

Et si dans le domaine militaire, cela donne des robots soldats. Dans d’autres domaines, cela peut conduire à des dérives graves où la dignité humaine est abordée sous l’angle de la gestion, de la rationalisation, voire de la simplification des problèmes complexes de l’humanité, comme avec l’euthanasie, l’IVG, l’eugénisme, la procréation assistée ou encore le transhumanisme, dont le dossier Epstein nous a déjà donné un petit aperçu de la folie qui meut ce réseau et ses dérives écœurantes.

Il ne s’agit pas ici de tout confondre, ni de nier la complexité des enjeux bioéthiques. Mais de pointer un risque commun d’un monde devenant un enfer robotisé, où la technologie est financée et orientée par des intérêts puissants des États, des industries ou des acteurs financiers, qui finissent par imposer leurs propres finalités génocidaires. Car au fond, la question reste toujours la même depuis des siècles, pour savoir qui décide des priorités de notre monde ? Pourquoi certaines technologies sont-elles massivement financées et d’autres négligées ? Et surtout, au service de quelle vision de l’humanité ces choix sont-ils faits ?

Une fausse culture de la maîtrise 

Derrière l’industrialisation de la guerre et l’essor des machines à tuer se dessine une matrice idéologique plus large d’une humanité qui ne se contente plus d’accueillir la vie, mais entend désormais la trier, la programmer, l’interrompre ou l’optimiser selon des critères d’utilité, de confort ou de maîtrise. Dans ce contexte, les débats autour de l’interruption de grossesse, de la procréation médicalement assistée ou de la fin de vie ne peuvent être évacués d’un simple revers de main. Ils révèlent une tension fondamentale entre la dignité inconditionnelle de la vie et une approche de plus en plus conditionnelle, encadrée et technicisée.

Le point commun entre l’euthanasie et la robotisation de la guerre n’est pas leur nature définitive mais la logique sous-jacente qui menace d’imposer une vision où la vie humaine n’est plus une donnée intangible, mais une réalité sur laquelle on intervient, on régule et on décide en toute impunité. Or, ce glissement est subtil mais décisif, car à partir du moment où la valeur de la vie dépend de critères extérieurs comme l’autonomie, la viabilité, la désirabilité ou simplement l’utilité, elle cesse d’être un principe absolu pour devenir une variable. Et une société qui s’habitue à penser la vie comme une variable s’habitue aussi, tôt ou tard, à en accepter la suppression dans certains cadres, puis rapidement dans beaucoup d’autres.

C’est en cela que le parallèle avec les technologies militaires retrouve sa pertinence, non pas dans une équivalence brutale, mais dans une culture commune de la décision sur la vie et la mort, arbitrée par la technologie, justifiée par la rationalité et progressivement normalisée.

Le danger n’est pas seulement celui des robots mais celui d’un monde où l’on finit par considérer comme raisonnable de déléguer la mort à des machines, de conditionner la vie à des critères techniques et d’encadrer l’ensemble par des dispositifs technologiques et juridiques toujours plus sophistiqués. Or, ce n’est plus seulement la guerre qui change de nature, mais notre rapport même à la vie -à sa valeur, à sa limite, à sa signification- qui est en train de basculer irrémédiablement. Ce n’est pas un dérapage civilisationnel mais une direction imposée, où la technologie devient l’arbitre, où la décision remplace le respect et où la vie elle-même devient une option conditionnelle. Et à ce stade, la rupture est déjà très profonde.

Une civilisation de la sélection 

À force de parler d’optimisation, de maîtrise et de progrès, nos sociétés ont fini par glisser vers une idée beaucoup plus inquiétante où toutes les vies ne se valent plus, ou plutôt, elles ne se valent qu’à certaines conditions. Le même monde des puissants, -Barons Voleurs du Nouvel Ordre Mondial- qui finance à coups de milliards des robots capables de tuer sans trembler, s’arroge désormais le droit de décider, dans de trop nombreux autres domaines, quand la vie peut commencer, quand elle peut s’interrompre et selon quels critères elle mérite d’être poursuivie.

Sous couvert d’illusion de progrès, de liberté conditionnelle ou de compassion quantifiée, s’installe une idéologie plus radicale où une vie devient acceptable si elle est désirée, discutable si elle est fragile et supprimable si elle échappe aux standards. Ce n’est plus une civilisation de l’accueil, mais est une civilisation du tri. 

Et ce tri, qu’il soit technologique, médical ou militaire, obéit toujours à la même idéologie malthusienne visant à réduire ce qui dérange, optimiser ce qui sert et contrôler ce qui reste. Dans ce contexte, il n’est plus si étonnant que les mêmes systèmes qui peinent à financer l’accompagnement des plus vulnérables trouvent sans difficulté des ressources pour perfectionner des machines de guerre. Les priorités sont claires, même si elles ne sont jamais assumées comme telles, d’un monde qui ne supporte plus la limite, la fragilité et l’imprévu, préférant organiser, encadrer et supprimer la vie, tant elle leur fait peur !

Une responsabilité dissoute

Les promoteurs de ces systèmes, aussi toxiques que délétères,  invoquent un "contrôle humain" comme garantie ultime. Mais dans la réalité opérationnelle, cette notion relève de plus en plus de la fiction avec un habillage rassurant pour des technologies qui, par leur nature même, échappent progressivement à toute maîtrise réelle. Car le champ de bataille n’est pas un laboratoire mais un environnement chaotique, saturé d’incertitudes, où les variables échappent en permanence aux modèles. Entre la vulnérabilité au brouillage électronique, la dépendance critique aux réseaux et aux communications, la latence dans les prises de décision, la complexité extrême des environnements urbains, l’impossibilité d’identifier de manière fiable combattants et civils et la gestion des comportements imprévisibles en situation dégradée, tout concours au dérapage de ces machines tueuses.

À cela s’ajoute un facteur décisif avec l’intégration croissante de systèmes d’intelligence artificielle, dont les processus décisionnels deviennent de plus en plus opaques et incontrôlables, y compris pour leurs propres concepteurs. On entre alors dans une zone grise où plus personne ne maîtrise réellement la chaîne de décision, où l’opérateur, souvent éloigné, dépend d’écrans et de flux incomplets, où le programmeur a conçu des règles générales sans connaître le contexte réel, où le commandement valide des systèmes sans en contrôler les comportements fins et où l’algorithme lui-même arbitre en fonction de paramètres probabilistes. Chacun intervient, mais personne n’est pleinement responsable. Chacun décide un peu, mais personne n’assume totalement. Toute une chaine d’inconnues qui vont dans le sens logique de la catastrophe annoncée. 

Le pire, c’est que cette fragmentation est voulue, imprimée dans la structure même du système. Elle génère un mécanisme pervers où l’irresponsabilité se dilue méthodiquement, se partage entre tous pour qu’aucun ne puisse jamais être tenu pour coupable. Nuremberg l’a montré, avec une clarté glaçante, où le crime n’est pas dans l’acte isolé mais dans cette chaîne de commandement qui permet de tout justifier. Aujourd’hui, cette même mécanique mortifère se déploie en Ukraine, avec ces robots tueurs, transformant l’horreur en banalité technologique. C’est exactement le même engrenage diabolique mais il est désormais automatisé.

Même l'ONU ou le Comité international de la Croix-Rouge rappellent avec constance que la responsabilité morale ne peut être transférée à une machine, ni diluée dans un système technique. Or c’est exactement ce que ces technologies organisent. Et pire encore, elles créent les conditions d’une irresponsabilité juridiquement exploitable. Et pendant ce temps, la décision de tuer a bien été exécutée. Alors, soyez certains qu’en cas de bavure ils invoqueront un dysfonctionnement, une erreur de capteur, une mauvaise interprétation des données ou un comportement imprévu de l’IA. La faute devient alors un simple un bug et le crime devient une anomalie mais le crime sera commis !

Cette évolution marque une rupture majeure où on ne cherche plus seulement à augmenter la puissance militaire, mais à neutraliser la responsabilité qui l’accompagne. C’est là que l’illusion du contrôle devient particulièrement dangereuse car plus le système est complexe, plus le contrôle est proclamé et moins il est réel. Au final, ces machines ne suppriment pas seulement des vies potentielles, elles sapent aussi les fondements mêmes de toute éthique de la guerre avec la capacité d’identifier un responsable, de juger un acte et d’attribuer une faute. De plus, sans responsabilité, il n’y a plus de limite.

Tuer devient une interface

La transformation la plus insidieuse n’est pas technique. Elle est psychologique et donc, à terme, civilisationnelle. Quand la guerre se mène à distance, via des écrans et par des intermédiaires robotiques, elle cesse d’être une expérience humaine directe pour devenir une expérience filtrée et aseptisée. Le champ de bataille disparaît derrière une interface où l’ennemi n’est plus une présence, mais une représentation graphique, comme dans les jeux vidéo. Il devient une silhouette thermique, un point sur une carte et un simple signal à traiter. Et ce phénomène est déjà à l’œuvre actuellement avec les drones de guerre. 

Mais avec les robots humanoïdes, il franchit un seuil supplémentaire du trouble anthropologique. Car ces machines tueuses introduisent en plus une contradiction radicale puisqu’elles ressemblent à l’humain, elles en imitent les gestes, la posture, parfois même la démarche, mais sont totalement dépourvues d’humanité sur le plan moral, émotionnel et existentiel. C’est l’apparence de l’humain vidée de toute humanité. Et cette dissonance n’est pas neutre non plus puisqu’elle reconfigure la perception même de l’acte de tuer.

Le résultat est une double rupture, à la fois émotionnelle avec la disparition de l’empathie immédiate. Puisqu’il n’y a plus de regard, plus de proximité, plus de confrontation directe avec la vulnérabilité de l’autre, faisant de cette distance technologique, une distance morale. Et aussi une rupture cognitive avec une réduction du réel grâce à des données exploitables où la complexité humaine faite d’intentions, de contextes et d’ambiguïtés, est écrasée au profit de variables très simplifiées entre hostile / non hostile et cible / non cible.

Dans cet univers dématérialisé, tuer n’est plus un acte tragique mais une opération. On ne "tue" pas, on valide simplement une action, on clique et on exécute une tâche. Et c’est précisément cette transformation qui est la plus dangereuse à court et long terme, car une fois que la violence est intégrée dans une interface, elle devient répétable, optimisable et donc industrialisable. Elle perd alors son caractère exceptionnel pour devenir un processus.

Pire encore, cette médiation technologique protège psychologiquement ceux qui l’exercent puisqu’elle atténue la culpabilité, dilue la responsabilité et donc banalise l’acte. On ne fait plus face à la mort mais on interagit avec un système. Et dans un tel cadre, la question n’est plus de savoir si l’on peut tuer mais si l’opération est validée ? Et ce glissement intellectuel est vertigineux, car une société capable de transformer la mise à mort en simple interaction technique, est une société qui a déjà franchi un seuil où la violence cesse d’être un drame pour devenir une procédure.

La course aux armements 

Le cas américain de ces robots tueurs, n’est malheureusement qu’un fragment d’un tableau bien plus vaste, où ce qui se joue n’est pas une innovation isolée, mais bien l’entrée à grands pas dans une nouvelle course aux armements, plus rapide, plus diffuse et potentiellement plus incontrôlable que toutes les précédentes.

L’Iran ou la Russie ont déjà clairement démontré la supériorité de leurs drones face aux armes dites "conventionnelles". L’Otan et les sionisto-américains en ont vécu de cuisantes défaites. La Chine, avec ses robots-chiens armés, ses systèmes coordonnés en meute et ses humanoïdes capables d’actions physiques violentes, avance déjà, elle aussi, à grande vitesse dans ce domaine. Mais elle n’est pas seule puisque derrière elle, ou face à elle, d’autres puissances accélèrent, investissent et expérimentent cette folie meurtrière.

La logique de cette course effrénée est presque mécanique puisque si un acteur développe ces systèmes, les autres suivent la cadence et si un acteur ralentit, il se met alors en danger stratégique. Ainsi, chaque innovation devient immédiatement un standard militaire potentiel et chaque retard technologique devient une vulnérabilité. C’est une dynamique auto-entretenue. Personne ne peut s’arrêter, même si tout le monde pressent le danger. Et on revient au vieux schéma de la Guerre Froide ! Ils n’apprennent jamais de leurs erreurs, ils persistent dans leur folie et les amplifient grâce à la technologie, mais ce sont toujours les peuples qui en pâtissent !

Nous sommes donc encore face à ce que l’on pourrait appeler une course aux armements autonomes, dans une situation où la rationalité individuelle de ne pas se laisser distancer, produit une irrationalité collective et donc une nouvelle escalade sans fin. À cela s’ajoute un facteur aggravant majeur avec, encore une fois, l’absence de cadre juridique contraignant.

Depuis des années, António Guterres alerte sur le caractère "moralement répugnant" des armes autonomes. Les appels se multiplient, les rapports s’accumulent, les conférences s’enchaînent, mais dans les faits aucun traité contraignant n’impose de limites claires où les grandes puissances refusent de se lier les mains et les discussions internationales sont systématiquement paralysées par des intérêts financiers que l’on renomme "stratégiques". Et la régulation arrive toujours après l’innovation,  quand elle arrive.

Pendant ce temps, la technologie de mort avance, les prototypes deviennent des produits et les tests deviennent des doctrines. Tel fut aussi le cas lors de la course au nucléaire et à la bombe atomique. C’est un cycle sans fin que nous imposent les débiles du complexe militaro-industriel et leurs banquiers psychopathes qui financent cela.

Qui plus est, le plus inquiétant n’est pas seulement la vitesse de cette course mais  son caractère irréversible. Car une fois que ces systèmes seront produits en masse, intégrés aux armées et diffusés à l’échelle mondiale, il sera pratiquement impossible de revenir en arrière. Chaque étape franchie rend la suivante plus probable et chaque seuil dépassé devient la nouvelle norme. Et dans cette logique, la question n’est plus de savoir si ces technologies seront utilisées, mais à quelle échelle, avec quelles conséquences et avec quel niveau de perte de contrôle.

Ce que l’on appelle encore "innovation", "progrès" ou "maintien des équilibres" ressemble de plus en plus à une fuite en avant perpétuelle d’une bande de fous et d’assassins aveuglés par leur impunité et leur arrogance. C’est une chute vers l’abîme de l’humanité où personne ne veut plus jamais ralentir, où personne ne peut s’arrêter et où tout le monde contribue, consciemment ou non, à construire un monde plus technologique, plus instable, plus armé et potentiellement plus destructeur que jamais.

Le film Terminator n’était pas une fiction mais un avertissement

Le T-800 du film Terminator n’est pas terrifiant parce qu’il est puissant. Il l’est parce qu’il incarne l’idée simple d’une machine conçue uniquement pour tuer, sans conscience, sans doute et sans limite. Mais il faut aller plus loin dans la comparaison, car c’est là que le réel devient franchement inquiétant. Si le T-800 est précisément l’appellation du "Terminator" hollywoodien, cette unité d’infiltration et d’assassinat devenue l’archétype culturel de la machine tueuse, son nom est repris aujourd’hui dans le monde réel, notamment par des industriels ou des projets robotiques chinois qui ont baptisé leur robot de combat du même nom ! Et cela n’a rien d’anodin. Il révèle une fascination assumée, presque revendiquée, pour cet imaginaire de destruction, futuriste et totale. Et quand une industrie, aussi mortelle que celle de la guerre, commence à nommer ses créations en écho direct à ses propres dystopies, elle ne se contente plus d’innover, elle internalise aussi nos cauchemars comme horizon technologique.

Le Terminator n’était donc pas simplement un gadget narratif, mais bien une projection extrême de ce que devient la logique militaire poussée à son terme, avec une efficacité sans morale, une décision sans conscience et une exécution sans responsabilité. 

Et pour conclure avec cette techno-folie, c’est ce que montrent aujourd’hui les Phantom MK-1, les projets américains, et les développements accélérés en Chine du T-800, dirigés par l’IA et des satellites militaires. Certes, ce n’est pas encore du niveau du Skynet, dans le film de James Cameron, mais c’en est la trajectoire limpide avec l’autonomisation progressive grâce à l’IA, la production de masse de robots par des robots, l’intégration de ces machines de guerre dans les doctrines militaires et sa légitimation morale depuis son déploiement sur le terrain Ukrainien. 

Or, l’histoire que racontait James Cameron n’était pas celle d’une technologie qui dérape par accident. C’était celle d’un enchaînement logique, presque banal, de décisions rationnelles menant à une catastrophe systémique. La différence entre fiction et réalité n’est plus de nature, elle est de degré et de temps. Et peut-être, désormais, d’hypocrisie, car là où la fiction assumait son cauchemar, notre présent, lui, le construit en prétendant l’éviter.

Notre civilisation ne perfectionne que la mort

Vous l’aurez compris, le véritable scandale n’est pas technologique, mais bien politique, financier, systémique et profondément humain. Car rien n’oblige l’humanité à suivre cette trajectoire suicidaire. Si elle s’impose, ce n’est pas par nécessité, mais par combinaison de forces obscures et inquiétantes dont on connait parfaitement les noms et les agissements. Cet opportunisme industriel où des entreprises parfaitement identifiées comme "Foundation" construisent des flottes de tueurs pour maximiser profit et influence. Ces intérêts stratégiques où chaque État se sent obligé de suivre, de peur d’être distancé, participent à une escalade globale néfaste à tous. Cette absence de régulation où la législation internationale ainsi que cette fascination pour la puissance technique où le prestige, la maîtrise et la performance prennent le pas sur l’éthique et l’humanité, ne sont possibles que parce que nous le laissons faire ! Ils ne sont pas puissants, nous sommes faibles. Ils ne sont pas grands, nous sommes à genoux !

Le "progrès" ou "l’évolution" invoqués ici ne sont pas ceux de l’Homme. Ils ne sont pas ceux qui soulagent, qui soignent ou qui protègent la vie. Ils sont ceux de notre incapacité à nous dresser en rempart face au développement de ce processus de destruction qu’ils déclenchent, à transformer la mort en opération banalisée, la guerre en interface et la violence en routine industrielle. Et cette logique ne s’arrête pas à la guerre puisqu’elle infiltre nos sociétés, nos lois et le peu qu’il reste de nos valeurs. 

La vie devient négociable partout, que ce soit dans les champs de bataille ou dans nos hôpitaux, nos laboratoires et nos tribunaux, où certaines vies sont jugées "désirables" et d’autres "remplaçables". Les robots perfectionnent la mort et les idéologies perfectionnent la sélection.

Et c’est peut-être là, au fond, la définition la plus juste de notre humanité modernisée. Nous sommes complices par omission d’une civilisation qui ne mesure pas sa grandeur à la vie qu’elle protège, mais à la perfection avec laquelle elle s’invente sans cesse les moyens de tuer. Notre capacité à organiser la mort, à rationaliser le meurtre, à industrialiser la destruction, tout en prétendant être moralement supérieurs parce que "moins de soldats meurent" est proprement affligeante. IVG, PMA, euthanasie, contrôle des naissances, normes de viabilité, Robots tueurs…tout converge vers la même matrice malthusienne, eugéniste et anti-vie.

Or, dans ce miroir, le futur n’est plus prometteur, puisque c’est une simple course à la mort, organisée, rationalisée, et de plus en plus autonome. Mais qui nous attend tous, quoi qu’il arrive ! Pendant que le véritable progrès, celui qui élèverait l’humanité, reste étouffé sous les décombres de cette obsession pour la destruction. 

Alors, je vous souhaite bien du courage dans cette modernité suicidaire, d’une civilisation obsédée par sa puissance technologique, fascinée par sa bétise et qui a fait de sa capacité à se donner la mort sa plus grande réussite jusqu’à présent.

Phil BROQ.

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