LE REGNE DES GEOPOLITOLOGUES DE PLATEAU ou QUAND L’EXPERTISE DEVIENT PROPAGANDE

Depuis des mois, les « experts » et autres géopolitologues de plateau se succèdent sur les écrans, commentant inlassablement les conflits sans parvenir à produire autre chose que des opinions, des hypothèses et des certitudes de circonstance. Ils tergiversent, spéculent, se contredisent, puis reviennent quelques jours plus tard avec le même aplomb, comme si leurs précédentes prédictions n’avaient jamais existé. Pire encore, une partie de cette prétendue expertise s’appuie désormais sur des données parcellaires, invérifiables ou biaisées, parfois issues d’algorithmes et de systèmes d’IA dont les limites sont soigneusement passées sous silence. On ne sait plus si l’on assiste à de l’analyse géopolitique ou à la mise en scène algorithmique de préjugés préexistants. À force de transformer des données incertaines en certitudes, puis des certitudes en commentaires permanents, ces professionnels de l’antenne donnent surtout l’illusion de savoir — alors qu’ils ne font souvent que commenter le brouillard.

Il est donc un spectacle quotidien affligeant et pourtant devenu presque banal désormais. Allumer une chaîne d’information en continu, attendre quelques minutes, et voir surgir, cravate impeccable, ton martial et certitude inoxydable, quelque « expert » venu expliquer la guerre avec la précision d’un oracle. Il sait ! Il sait ce que pense Poutine, ce que décidera le Kremlin, ce que fera l’armée russe demain matin, combien de temps il reste à l’économie russe avant l’effondrement et, accessoirement, pourquoi la prochaine offensive ukrainienne sera nécessairement décisive…

Puis le temps passe. Les offensives ne sont pas toujours décisives. Les effondrements annoncés ne surviennent pas. Les cartes contredisent les plateaux. Les rapports de force résistent aux slogans. Et pourtant, l’expert revient. Toujours. Avec le même aplomb et c’est là que le problème commence. Le plus ironique est que certains de ces grands pourfendeurs de la « propagande russe » semblent avoir progressivement adopté les mécanismes mêmes qu’ils prétendent dénoncer.

Car il ne s’agit plus seulement de quelques erreurs d’analyse depuis quatre ans. Certes, se tromper est inhérent à l’analyse géopolitique, particulièrement lorsqu’elle porte sur une guerre. Le véritable scandale réside dans la transformation de l’erreur répétée en autorité, dans la confusion entre expertise et omniprésence médiatique, et dans la constitution progressive d’un système où certains récits deviennent dicibles, tandis que d’autres sont immédiatement suspectés, disqualifiés ou expulsés du débat.

Et pourtant, ces mêmes experts prétendent savoir ce que pense Trump, ce que prépare le Kremlin, ce que décide l’état-major russe ou ukrainien, où en sont réellement les avancées sur le terrain et même ce qui se négocie dans les coulisses. Sans avoir été sur le terrain, sans accès aux états-majors, aux renseignements opérationnels ni, évidemment, aux arcanes des négociations diplomatiques, ils reconstruisent la réalité à partir de dépêches, de publications sur X, de vidéos YouTube, de cartes approximatives et des déclarations de généraux à la retraite ou d’anciens agents dont la grille de lecture a parfois été forgée à l’époque de la guerre froide. Et c’est là que le ridicule confine à l’inquiétant : comment prétendre comprendre les bouleversements stratégiques du XXIᵉ siècle avec des logiciels de pensée conçus pour le monde d’hier ? Beaucoup n’ont manifestement pas intégré l’ampleur de la révolution technologique, l’importance des drones, de l’IA, de la guerre électronique, des satellites, de la guerre informationnelle, ni surtout la profonde recomposition des rapports de puissance. Ils commentent un monde qu’ils n’ont ni vu, ni pénétré, ni parfois même compris — mais dont ils parlent pourtant avec l’assurance de ceux qui en détiendraient les clés.

La guerre réelle contre la guerre racontée

Une guerre ne se gagne pas à coups de plateaux télévisés. Elle ne se gagne pas davantage avec des cartes animées, des flèches rouges dessinées sur des écrans tactiles ou des déclarations péremptoires répétées jusqu’à devenir des vérités par saturation. Elle se gagne avec des hommes, des munitions, de la logistique, de l’artillerie, des drones, de la profondeur industrielle, des réserves, de la capacité à remplacer les pertes, de la maîtrise du ciel, de la guerre électronique et, surtout, avec une stratégie. Or c’est précisément cette matérialité de la guerre qui a trop souvent disparu derrière le vacarme médiatique.

Pendant des mois, voire des années, une partie considérable du commentaire occidental a semblé incapable d’envisager sérieusement l’hypothèse d’une stratégie russe fondée sur l’attrition visant à user progressivement l’adversaire, préserver autant que possible ses propres forces, exploiter les avantages industriels et démographiques, détruire méthodiquement les capacités ukrainiennes et avancer lorsque les conditions deviennent favorables.

Au lieu de cela, on a fréquemment raconté une guerre à partir de catégories morales, psychologiques ou politiques où la Russie serait « au bord de l’effondrement », son armée serait « à bout », son économie serait « asphyxiée », Poutine en serait a son 24éme cancer, etc. tandis que l’Ukraine, cette plaque tournante de la corruption mondialiste et soutenue par l’Occident, finirait nécessairement par reprendre l’initiative.

Peut-être certaines de ces hypothèses étaient-elles défendables à un moment donné. Ce qui l’est beaucoup moins, c’est leur transformation en certitudes médiatiques, puis leur répétition malgré les événements qui auraient dû conduire à leur réévaluation. Car une analyse sérieuse n’est pas une profession de foi. Elle doit accepter la contradiction des faits.

L’expert qui ne risque jamais sa réputation

Un économiste qui annonce cinq récessions et se trompe cinq fois finit généralement par susciter quelques interrogations. Un météorologue incapable de prévoir le temps correctement perd rapidement sa crédibilité. Le géopolitologue médiatique, lui, peut annoncer l’effondrement imminent d’une puissance, la défaite certaine d’une armée, l’utilisation imminente de la bombe atomique ou la victoire prochaine d’une offensive sans que sa carrière médiatique en souffre véritablement. Voilà le privilège exorbitant de certains géopolitologues de plateau où leurs prédictions semblent bénéficier d’une immunité dont ne jouit aucun autre professionnel.

Pourquoi ? Parce que la télévision ne récompense pas nécessairement celui qui comprend le mieux. Elle récompense celui qui parle le mieux. Celui qui tranche. Celui qui simplifie. Celui qui dramatise. Celui qui transforme une réalité terriblement complexe en une phrase de quinze secondes.

« La Russie va s’effondrer. »« L’Ukraine va reprendre le terrain perdu. » « Cette arme va changer la guerre. » « Cette offensive sera décisive. » « Poutine n’a plus d’autre choix. » Voilà le vocabulaire d’une expertise devenue spectacle.

La nuance, elle, ne fait pas d’audience. Dire « cela dépend », « plusieurs scénarios sont possibles », « nous manquons de données fiables » ou « nous ne pouvons pas connaître avec certitude les intentions de l’adversaire » est pourtant souvent beaucoup plus honnête. Mais c’est terriblement moins télégénique.

Le résultat est une sorte de béton intellectuel. Une fois le récit dominant installé, il devient extraordinairement difficile de le fissurer. Chaque événement est absorbé, réinterprété ou minimisé afin de préserver l’architecture générale du récit. Une retraite ukrainienne devient un « repli tactique ». Une progression russe devient une « avancée marginale ». Une offensive qui échoue devient une « phase préparatoire ». Une victoire russe devient une victoire « sans portée stratégique ». Une difficulté ukrainienne devient un problème temporaire. Et lorsqu'un événement finit par rendre le récit intenable, on passe simplement au récit suivant, sans jamais revenir sérieusement sur les prédictions précédentes.

C’est ainsi que se construit le paradoxe de l’expertise médiatique contemporaine : l’expert peut avoir tort sans jamais être réellement réfuté, parce que le système médiatique lui-même produit les mécanismes permettant de recycler son erreur. La mémoire disparaît et ne reste que le commentaire du jour.

Il serait toutefois intellectuellement paresseux de réduire cette situation à l’existence d’un vaste complot parfaitement coordonné. La réalité est plus subtile — et, à certains égards, plus inquiétante. En effet, le véritable problème tient à des réseaux d’intérêts, de financements, de carrières, de relations institutionnelles et de dépendances réciproques.

Une grande partie de l’expertise géopolitique contemporaine circule entre universités, ministères, armées, think tanks, entreprises de défense, fondations, conférences internationales et médias. Les mêmes personnes peuvent successivement — ou simultanément — conseiller un gouvernement, travailler dans un laboratoire d’idées, participer à une conférence financée par des acteurs industriels et devenir commentateurs réguliers d’une chaîne d’information.

Cela ne signifie évidemment pas que chaque chercheur serait acheté, ni que chaque analyse serait fausse. Mais cela pose une question élémentaire de savoir qui finance l’écosystème dans lequel se fabrique l’expertise ? Et cette question devrait être posée systématiquement.

Pas parce que le financement détermine mécaniquement les conclusions, mais parce qu’il peut influencer les priorités, les thèmes étudiés, les réseaux auxquels on accède, les perspectives considérées comme légitimes et, plus subtilement encore, les limites de ce qu’il est professionnellement confortable de soutenir. Le phénomène est d’autant plus important dans le domaine militaire.

Lorsque des institutions bénéficient, directement ou indirectement, de financements provenant d’États, de départements gouvernementaux, de fondations ou d’entreprises du secteur de la défense, leur indépendance intellectuelle ne devrait jamais être présumée : elle devrait être démontrée par la transparence. C'est le minimum démocratique.

L’industrie de la défense et l’étrange absence de questions

Le complexe militaro-industriel n’est pas une invention de propagandistes. Il constitue une réalité historique, économique et politique parfaitement documentée. Des entreprises comme Lockheed Martin, RTX, Northrop Grumman ou Boeing ont évidemment intérêt à l’augmentation des budgets militaires et à la multiplication des commandes d’armement. Il ne faut pas être marxiste, complotiste ou « prorusse » pour constater cette évidence.

La véritable question n’est donc pas : « Est-ce que ces entreprises cherchent à influencer le débat ? » La question est de savoir dans quelle mesure cette influence atteint-elle la production et la diffusion de l’expertise ? Et surtout pourquoi les médias présentent-ils parfois comme parfaitement neutres des experts issus d’institutions dont les réseaux de financement mériteraient d’être explicités ?

Le problème n’est donc pas qu’un expert ait une opinion plutôt qu’une analyse. Le problème est que le téléspectateur puisse ignorer les conditions institutionnelles dans lesquelles cette opinion est produite.

L’Atlantic Council et la confusion entre expertise et influence

L’Atlantic Council constitue à cet égard un cas emblématique, non parce qu’il serait le cerveau occulte de la politique occidentale, mais parce qu’il illustre parfaitement l’ambiguïté des institutions d’influence contemporaines. Ainsi, présenter un Think tank disposant de relations étroites avec des gouvernements, des institutions internationales, des fondations et des acteurs économiques comme une simple fontaine désintéressée de vérité géopolitique relève au mieux de la naïveté et au pire d’une propagande devenue systémique.

Ses analyses peuvent être sérieuses. Certaines peuvent même être excellentes. Mais leur sérieux ne dispense absolument pas les médias d’examiner leur provenance, leurs financements et leurs réseaux d’influence. Or c’est précisément ce travail de contextualisation qui fait trop souvent défaut alors qu’on cite le « think tank » comme s’il s’agissait d’une autorité abstraite tombée du ciel. Comme si une institution produisait mécaniquement de la vérité. Comme si derrière chaque expert ne se trouvait pas une carrière, un réseau, des intérêts institutionnels et surtout des partenaires financiers.

Il y a ici une ironie particulièrement cruelle. Certains commentateurs passent leur temps à expliquer que la propagande consiste à manipuler les faits, à sélectionner les informations et à enfermer le public dans un récit idéologique. Très bien. Mais alors appliquons leur définition à tout le monde, sans exceptions. Car la propagande ne devient pas acceptable parce qu’elle est occidentale ou parce qu’elle est prononcée avec un accent parisien sur un plateau de télévision. Elle ne cesse pas d’être de la propagande parce que son auteur porte un costume, possède un titre universitaire ou est présenté comme « spécialiste des relations internationales ». Mais surtout, la propagande ne se reconnaît pas seulement à ses mensonges, elle se reconnaît aussi et désormais, à ce qu’elle interdit de penser. Et c’est peut-être là son mécanisme le plus puissant.

Lorsqu’un débat ne permet plus de discuter sérieusement des conditions d’une négociation, du coût humain d’une guerre prolongée, des limites matérielles du soutien occidental, des rapports de production militaire, des erreurs ukrainiennes, des succès russes, des responsabilités multiples dans la dégradation de la situation ou des risques d’escalade entre puissances nucléaires, il ne s’agit plus d’un débat véritablement libre. Il s’agit d’un périmètre idéologique.

Les chaînes d’information ou l’usine à fake-News

BFM TV, CNews, LCI et leurs concurrentes ne sont évidemment pas des états-majors, et ne disposent pas davantage d’un accès privilégié à la vérité des faits de guerre. Elles savent, au fond, aussi peu que leurs « experts » ce qui se déroule réellement sur un champ de bataille, ce que les états-majors dissimulent, ce que les services de renseignement ignorent encore ou ce que les événements produiront demain. Mais cette ignorance ne les empêche nullement de parler puisqu’elle est précisément le carburant de leur modèle.

Car si ces chaînes ne maîtrisent pas les faits de guerre, elles maîtrisent en revanche parfaitement leur mise en scène. Elles sélectionnent, hiérarchisent, répètent, dramatisent et amplifient les informations qui alimentent leur antenne. Elles transforment un événement incertain en certitude médiatique, une hypothèse en scénario, un incident en crise, une déclaration en menace et une possibilité en imminence. À force de répétition, ce qui n’était hier qu’une spéculation finit par prendre l’apparence d’un fait. Et si la guerre est menée sur le terrain, une autre bataille essentielle se joue sur les écrans. C’est celle de la perception, de la peur et du consentement.

Leur responsabilité n’est donc pas de savoir ce qui se passe sur le front — personne ne peut prétendre à une connaissance exhaustive de la guerre en temps réel — mais de décider ce que des millions de personnes vont croire qu’il s’y passe. Et c’est là que leur pouvoir devient considérable. Car il leur faut remplir l’antenne, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, avec un conflit dont les informations vérifiables sont fragmentaires, contradictoires et souvent volontairement manipulées par les belligérants. Alors on commente. On extrapole. On spécule. On convoque un général, un ancien officier, un « expert », un chercheur, un chroniqueur. On fait tourner les mêmes images. On répète les mêmes cartes. On découpe chaque déclaration en séquences. On transforme chaque mouvement militaire en « tournant ». Et la guerre devient alors moins un événement à comprendre qu'un récit à fabriquer et à entretenir.

Et dans cette fabrique médiatique, l’information brute importe parfois moins que sa capacité à provoquer une réaction émotionnelle allant de la peur à l’indignation, de la colère au soulagement ou de l’euphorie à l’anxiété. Il faut que le téléspectateur reste devant l’écran. Il faut qu’il attende la prochaine alerte, le prochain « développement majeur », la prochaine menace, la prochaine révélation. Ce n’est donc pas parce que ces chaînes savent de ce dont elles parlent qu’elles sont puissantes. Mais justement c’est parce qu’elles ne savent pas — mais qu’elles parlent quand même, sans relâche, avec une assurance qui finit par faire passer l’incertitude pour de la connaissance.

Elles ne commandent pas les armées. Elles n'occupent pas les états-majors. Elles ne contrôlent pas les champs de bataille. Mais elles contrôlent une partie essentielle du champ de perception. Mais à force de sélectionner les mêmes récits, de privilégier les mêmes interlocuteurs, d’amplifier les mêmes menaces et de marginaliser les mêmes nuances, elles ne se contentent plus d’informer l’opinion publique mais contribuent à la fabriquer.

Et lorsqu'un événement est répété des centaines de fois, dramatisé à longueur de journée, commenté jusqu'à l'épuisement et présenté sous un angle systématiquement émotionnel, il finit par acquérir dans l'esprit du public une réalité qui dépasse parfois largement ce que les faits permettent d'établir. Et c'est ainsi que l'information devient manipulation, sans qu'il soit même nécessaire d'inventer entièrement les faits puisqu’il suffit de choisir lesquels montrer, lesquels répéter, lesquels amplifier et lesquels laisser mourir dans le silence.

Voilà pourquoi la responsabilité des chaînes d'information est immense. Elles ne sont peut-être pas les stratèges de la guerre. Mais elles sont ses caisses de résonance. Et lorsque cette caisse de résonance fonctionne vingt-quatre heures sur vingt-quatre, transforme chaque incertitude en alerte et chaque crise en spectacle, le résultat finit par être proprement écœurant avec une opinion publique maintenue sous tension permanente, abreuvée de certitudes fragiles, de scénarios catastrophistes et de commentaires martelés jusqu'à la nausée.

Alors on convoque des généraux, des anciens militaires, des chercheurs, des journalistes spécialisés et parfois des personnages dont le principal mérite semble être leur capacité à parler avec assurance. Et plus la réalité résiste aux prédictions, plus il faut parler fort.

La guerre devient alors une succession de séquences où chaque journée doit avoir son héros, son méchant, son tournant, son arme miracle et son pronostic. Pourtant le conflit réel, lui, se moque de la programmation. Il avance à son rythme. Il broie des hommes. Il consomme des stocks. Il dépend des chaînes logistiques. Il obéit aux contraintes industrielles. Il produit des effets qui ne rentrent pas dans les cases du débat télévisé. Mais qu’importe les mensonges ou les approximations puisque le spectacle de la guerre doit continuer…

En réalité, le problème n’est plus de savoir combien de fois ces « experts » se sont trompés, mais combien leur aveuglement nous coûte. Car leurs erreurs ne restent pas sur les plateaux. Lorsqu’elles deviennent récit dominant, elles contribuent à façonner l’opinion, à légitimer des choix politiques, militaires et financiers, et à repousser sans cesse la question essentielle pour savoir où cela nous mène-t-il ? C’est ce que nous examinerons dans un prochain article sur le prix réel de cet aveuglement — coût financier, coût humain, perte d’autonomie stratégique, épuisement politique et risque d’escalade.

Nous reviendrons également sur un mot aujourd’hui galvaudé qu’est la véritable dissidence. Car être dissident, ce n’est pas croire systématiquement l’inverse de ce que disent les médias. Ce n’est pas remplacer une propagande par une autre. C’est conserver la liberté de regarder les faits, y compris ceux qui dérangent son propre camp, et de demander inlassablement des preuves plutôt que des certitudes. La véritable dissidence commence là où s’arrête le conformisme et lorsqu’on ose poser la question que tout le monde préfère éviter : Et si nous nous trompions sur tout ?

La suite portera donc sur une question beaucoup plus dérangeante pour savoir quel est le prix réel que nous paierons pour avoir refusé de voir et de savoir par nos propres moyens ?

Phil BROQ.





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