QUAND LES EXPERTS CONFONDENT APOCALYPSE ET RECOMPOSITION DU MONDE
Depuis des années, une grande partie des commentaires consacrés à Trump semble prisonnière d’une obsession psychologique tentant d’expliquer l’homme plutôt que regarder ce que sa politique produit réellement. On peut détester cette politique souverainiste, la juger dangereuse, brutale voire profondément contradictoire. Mais à force de tout ramener à la personnalité, aux pulsions ou aux pathologies supposées d’un individu, ces analyses finissent par révéler surtout leur propre incapacité à affronter le réel que Trump et son équipe leur tendent.
Le problème majeur des «experts» de plateau, comme des géopolitologues de comptoir et autres dissidents autoproclamés grands reporters de Telegram, ces baroudeurs de YouTube se pensant être des résistants bien assis sur leurs canapés chauffants, est qu’ils commentent Trump comme un personnage et non pas comme un phénomène historique. Trump n’est pas l’accident de notre ère numérique, il en est simplement le symptôme le plus visible.
Il faudrait d’ailleurs presque remercier Donald Trump d’avoir su éclairer comme personne cette faune informative de fausse indépendance éditoriale sous sources oligarchiques. Non pas pour ses décisions, dont certaines sont parfaitement contestables, ni pour son style politique, volontiers brutal, erratique et transactionnel, mais pour un service involontaire rendu à l’intelligence géopolitique tan il a fait voler en éclats une quantité considérable de certitudes préfabriquées par les médias dominants.
Depuis son retour à la Maison-Blanche, une très grande partie du petit monde des «experts» financés par la mafia oligarchique semble condamnée à vivre dans un état d’alerte perpétuelle. Chaque déclaration de Trump devient une menace existentielle à leurs yeux. Chaque revirement annonce une nouvelle crise mondiale inéluctable. Chaque mouvement militaire américain est alors interprété comme la première marche vers l’Armageddon. Chaque négociation interrompue devient le prélude à la Troisième Guerre mondiale sinon nucléaire.
Ils ne cessent de répéter jusqu’à la nausée que Trump serait imprévisible, fou, narcissique, dangereux, Trump serait manipulateur, incapable de stratégie, à deux doigts de déclencher une guerre mondiale… Ou au contraire que Trump serait un génie transactionnel. Puis on passe tous les registres de la propagande, comme quoi il négocie, puis il menace, puis il recule, puis il sanctionne, puis il discute, puis il annonce un accord, puis il menace encore de reprendre les hostilités. Etc. Bref, ils n’en savent rien du tout ! Ils prétendent sortir du récit dominant tout en restant enfermés dans la même tuyauterie informationnelle. Ils inventent, ils brodent, ils inquiètent le monde entier avec leurs suppositions vides, du moment qu’ils fassent de l’audience.
Et les mêmes commentateurs reviennent expliquer le lendemain que, cette fois, «tout est différent». Le problème est surtout qu’ils semblent incapables de distinguer l’imprévisibilité tactique d'une stratégie structurelle. Ils prennent le brouillard de la guerre pour une carte d’état-major et ils confondent le mouvement des pièces avec la main qui joue la partie. Mais ils transforment quotidiennement chaque imprévu tactique en preuve d’une stratégie secrète qu’ils avaient, bien entendu, déjà comprise… On peut détester cette politique. On peut la juger dangereuse. On peut certainement considérer qu’elle est contradictoire. Mais il est intellectuellement insuffisant de la réduire à la psychologie d’un seul homme.
Et pourtant, derrière ce vacarme médiatique aux relents apocalyptiques, quelque chose de beaucoup plus intéressant est en train de se produire. Car c’est peut-être effectivement la fin d’un monde qui se déroule sous nos yeux, mais surement pas la fin du monde. Et cette nuance, pourtant fondamentale, semble systématiquement échapper à ceux qui passent leurs journées à nous expliquer que la civilisation occidentale est à vingt-quatre heures de l’effondrement.
La première erreur consiste donc à considérer Trump comme une anomalie surgie de nulle part. Or Trump n’a pas inventé les contradictions américaines, il les exhibe. Il n’a pas créé l’épuisement du système d’alliances américain, il le rend visible. Il n’a pas découvert que les États-Unis utilisent leur puissance financière, commerciale, militaire et juridique pour défendre leurs intérêts, mais assume simplement cette logique avec une brutalité qui rend les mécanismes impossibles à dissimuler derrière les formules diplomatiques habituelles.
Et c’est précisément ce qui rend son action si dérangeante pour les commentateurs traditionnels. L’Amérique classique parlait de «communauté internationale», Trump parle de tarifs. Elle parlait de «valeurs partagées», il parle de factures. Elle parlait d’alliances, il demande : « Qu’est-ce que cela nous rapporte ? » Parce que Trump ne détruit donc pas forcément tout le système financier mafieux mis en place par l’ancien empire Anglo-saxon talmudique, mais il montre à quel point celui-ci dépendait de la croyance que Washington – en tant que Proxy de la City de Londres- continuerait indéfiniment à en être le garant.
De plus, cette brutalité rhétorique ne constitue pas nécessairement une rupture totale avec la politique américaine antérieure. Elle révèle plutôt quelque chose que la diplomatie traditionnelle avait appris à maquiller où derrière l’universalisme américain se trouvait aussi une formidable politique de puissance impérialiste, manipulée par les banques centrales affiliées à Israël et orchestrées par les banques anglaises, ou plutôt par le clan Rothschild, pour faire simple.
Trump peut être erratique dans ses méthodes tout en poursuivant des objectifs relativement cohérents visant à réduire le coût supporté par les États-Unis, obtenir davantage de concessions de leurs alliés, préserver la supériorité américaine, protéger les intérêts économiques américains, réindustrialiser son pays tout en stoppant l’invasion migratoire et contraindre les adversaires par la combinaison des sanctions, du commerce, de la puissance militaire et de la négociation.
Car le problème n’est pas de savoir si Trump est sympathique, narcissique, imprévisible ou idéologiquement incohérent. Le problème est de comprendre pourquoi, malgré toutes les catégories dont on l’affuble, il parvient à imposer son agenda, à déplacer les rapports de force et à contraindre ses adversaires à réagir sur son terrain. C’est pourquoi réduire ce phénomène à la psychologie de Trump permet peut-être de préserver quelques certitudes idéologiques ; cela dispense surtout de répondre à la question essentielle de comprendre ce que nous dit le réel politique lorsqu’il résiste aussi obstinément aux grilles de lecture que les médias dominants nous impose depuis des décennies.
À force de vouloir expliquer Trump par ce qu’ils pensent déjà savoir de lui, certains commentateurs finissent ainsi par ne plus voir ce qu’il fait réellement. Noyés dans leur propre idéologie, ils confondent l’analyse du phénomène avec le jugement moral qu’ils portent sur celui qui l’incarne. Or comprendre Trump ne suppose ni de l’admirer ni de l’excuser, mais cela suppose d’abord de prendre au sérieux le monde politique qu’il révèle et transforme sous nos yeux. En cela le dossier Epstein et ses implications factuelles est déjà un facteur majeur. Et paradoxalement, trop peu d’analystes s’en servent pour démontrer ces liens et autres connexions qui sont la base de ces mondialo-satanistes de caste.
Il faut d’ailleurs aussi prendre au sérieux une autre dimension du phénomène Trump, qui est celle de la rupture avec une logique internationale qui, avant son retour au pouvoir, semblait conduire à une escalade guerrière toujours plus dangereuse. Sans son arrivée, on peut raisonnablement soutenir que la dynamique à l’œuvre aurait pu conduire à une extension beaucoup plus directe des conflits, (tous en liens avec les financements des démocrates ou des sionistes comme l’USAID et les manipulations grossières de la CIA comme du Mossad – où on revient au dossier Epstein) avec le risque d’un affrontement généralisé entre puissances nucléaires. Les administrations démocrates qui l’ont précédé ont toutes, à des degrés divers, accompagné ou financé des engagements militaires ou terroristes dont les conséquences stratégiques sont loin d’être maîtrisées.
Que l’on partage ou non les choix de Trump, il est donc intellectuellement malhonnête de ne considérer que ses provocations, sans jamais examiner les escalades qu’il a contribué à interrompre ou à contenir. Le paradoxe est précisément là puisque celui que ses adversaires présentent comme le facteur ultime d’instabilité peut aussi être considéré comme l’un des rares dirigeants occidentaux à avoir tenté de rompre avec une mécanique oligarchique qui tente de rendre l’affrontement entre puissances irréversible. Car ce que Trump révèle réellement c’est que la puissance américaine n’est plus gratuite et c’est ici que se trouve peut-être le véritable bouleversement du monde actuel.
L’épisode iranien devrait pourtant avoir réveillé quelques neurones
La crise avec l’Iran fournit un exemple presque caricatural de la faillite totale du commentaire prédictif. En juin 2025, Washington annonçait déjà un accord présenté comme un succès historique devant garantir la non-nucléarisation iranienne et permettre la réouverture du détroit d’Ormuz. Quelques semaines plus tard, Trump déclarait le cessez-le-feu terminé, menaçait de reprendre le blocus et évoquait même de nouvelles mesures sur le trafic maritime.
Et maintenant, au mois d’août 2026, la situation demeure toujours extrêmement instable puisque les négociations sont bloquées, le trafic maritime – et sa horde de hyènes de l’assurance centralisée à Londres- reste au cœur de la confrontation. L’Iran ne se résume pas à un affrontement entre le pouvoir et la population, car il existe aussi, au sein des réseaux économiques et politiques qui gravitent autour du régime des gardiens de la révolution, des intérêts qui peuvent avoir davantage à gagner du maintien des sanctions, des pénuries et des circuits parallèles créés depuis 47 ans que d’une véritable normalisation.
Quand l’économie officielle se contracte, le marché noir, la contrebande, le détournement des flux énergétiques et les réseaux de rente deviennent pour certains des sources de pouvoir considérables. C’est précisément cette dimension qu’il faut examiner avant de réduire la situation iranienne à un simple face-à-face idéologique. Il est évident que derrière les discours et les postures géopolitiques se trouvent aussi des intérêts économiques très concrets. Mais réduire le système pétrolier mondial à une simple domination de Washington serait passé à côté d’un acteur essentiel puisque la City de Londres et, plus largement, l’architecture financière anglo-américaine qui structure le négoce, le financement, l’assurance et la valorisation du pétrole.
Le Brent n’est pas un prix fixé depuis le bureau ovale mais s’inscrit dans un écosystème de marchés et de références où Londres occupe historiquement une place centrale. De même, les pétrodollars ne constituent pas une caisse américaine puisqu’ils circulent à travers un réseau mondial de banques, de marchés financiers, de places de trading et d’intermédiaires, dont les acteurs britanniques et américano-israéliens sont parmi les principaux bénéficiaires. La véritable question n’est donc pas seulement de savoir qui produit le pétrole, mais qui contrôle les tuyaux financiers par lesquels sa valeur est déterminée, négociée, assurée et recyclée.
Le système international construit après 1945, manipulé dés 1971 puis profondément consolidé après 1991, reposait sur une combinaison exceptionnelle de supériorité militaire américaine, de centralité du dollar, de manipulation des réserves de pétrole, de contrôle d’importantes infrastructures financières, de réseau d’alliances, de puissance navale, d’influence technologique et de capacité à fixer ou imposer certaines normes du commerce international. Ce système était simplement une « domination » coloniale mondialisée par les financiers anglo-saxons. Et c’est précisément cette deuxième face que l’on commence enfin à regarder beaucoup plus attentivement. Et qui est expliquée dans mon dernier livre « Les barons voleurs du nouvel Ordre Mondial- De Rothschild à Zelenski » disponible sur thebookedition.com.
Washington et Londres peuvent exercer une pression considérable non seulement parce que les États-Unis possèdent une immense armée, mais parce que leur puissance financière et juridique leur permet de rendre certaines transactions extrêmement coûteuses pour ceux qui dépendent du système anglo-américain. C’est une arme d’une sophistication extraordinaire. Pas besoin d’envoyer des chars partout. Il suffit de contrôler l’accès au système.
Voilà donc une réalité bien plus concrète que celle de la propagande de guerre, qui devrait imposer de l’humilité aux analystes. Mais l’humilité est rarement rentable sur un plateau ou une chaine You tube en quête d’abonnés. Il est beaucoup plus simple d’annoncer «l’escalade finale» qui fige le spectateur dans la peur primaire et surtout, cela permet de pouvoir recommencer le lendemain.
L’Armageddon permanent est devenu un modèle économique
Il faut reconnaître à certains experts une remarquable constance dans les fausses prédictions étant donné que depuis plusieurs années, ils annoncent l'apocalypse avec une régularité qui ferait pâlir un prophète professionnel. Et toutes les semaines on lit ou on entend : « Israël va provoquer une conflagration régionale (c’est exactement ce que fait cette colonie illégale depuis sa création artificielle par Rothschild en 1917). Ou encore que les États-Unis vont entrer en guerre (alors qu’ils le sont perpétuellement aussi depuis leur création il y a 250 ans). Sinon, ils disent que « La Russie va attaquer l’OTAN » (inversion accusatoire tellement utilisée par les médias de propagande qu’elle en devient désormais risible) au même titre que lorsqu’ils annoncent que la Russie va s'effondrer, que la Chine va envahir Taïwan que l’Europe va être entraînée et que le monde va basculer… Et bien sur, la Troisième Guerre mondiale est imminente depuis plus de 25 ans, si on remonte au 11 septembre…
Ils ne cherchent pas tant à comprendre le brouillard qu’à lui donner rétrospectivement une forme qui confirme leur récit. Les semaines passent, les mois se suivent, les années avancent et puis rien ne se produit exactement comme prévu. Mais dans ce système de propagande médiatique, la prédiction n’est jamais véritablement falsifiée. Elle est simplement recyclée. Alors le vocabulaire change et la catastrophe annoncée devient «évitée de justesse».Le recul devient «changement de stratégie».Le compromis devient «victoire diplomatique». La désescalade devient «pause tactique». Ils empilent des dépêches comme des parpaings et appellent l’édifice une enquête. Puis ils prennent la température du champ de bataille depuis l’écran et donnent ensuite au thermomètre les galons d’un correspondant de guerre. Et ils recommencent ce cirque chaque jour… C’est extraordinaire !
Là où se trouve, à mon avis, la véritable erreur de perspective de tous ces commentateurs qui nous annoncent chaque semaine la fin du monde, c’est qu’ils ne regardent que les canons, les missiles, les porte-avions et les frontières, mais beaucoup trop rarement les flux qui permettent à tout cela de fonctionner. Une armée peut gagner une bataille ; elle ne peut pas fonctionner durablement sans financement, sans crédit, sans assurance, sans accès aux marchés, sans énergie, sans infrastructures commerciales et sans système monétaire capable d’absorber le coût de la puissance. La mécanique financière qui soutient les rapports de force internationaux peut ainsi s’avérer, sur le long terme, plus déterminante que la puissance militaire elle-même.
C’est cette mécanique qu’il faut désormais regarder. Non pas pour remplacer une propagande par une autre, ni pour inventer derrière chaque crise une conspiration omnipotente, mais pour comprendre concrètement qui finance quoi, par quels intermédiaires, à travers quels marchés, quelles banques, quelles assurances, quelles monnaies et quels mécanismes de dette. Car derrière les guerres se trouvent des budgets ; derrière les budgets, des flux ; derrière les flux, des intérêts ; et derrière ces intérêts, des acteurs capables de gagner énormément lorsque certaines tensions se prolongent.
La déstabilisation d’un pays ne produit donc pas seulement des conséquences militaires ou diplomatiques : elle peut aussi créer des rentes, déplacer des capitaux, ouvrir des marchés, provoquer des besoins d’armement, modifier les routes énergétiques et enrichir certains intermédiaires financiers. C’est cette économie de la puissance qu’il faut mettre à nu, plutôt que de se contenter de commenter chaque tweet présidentiel ou chaque mouvement de troupes comme s’il s’agissait d’un épisode supplémentaire d’une série apocalyptique.
Le prochain article descendra donc sous la surface du récit géopolitique pour suivre cette mécanique financière qui transforme le crédit en puissance, la puissance en influence, l’influence en intervention et les crises en rente. Parce que si les armées constituent le bras visible de la puissance, la finance en constitue souvent le système nerveux. Et comprendre ce système permet peut-être enfin de comprendre pourquoi certaines guerres commencent, pourquoi certaines s’éternisent, pourquoi certaines sanctions étranglent certains acteurs tandis qu’elles enrichissent d’autres, et surtout pourquoi, derrière les grandes déclarations sur la paix, la démocratie ou la sécurité, les mêmes intérêts économiques peuvent parfois continuer à trouver leur compte dans l’instabilité.
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