DE POMPIDOU A MACRON... L'EMPRISE DE ROTHSCHILD SUR LA FRANCE.
L’influence des Rothschild sur la France ne date pas d’hier. Dès le XXᵉ siècle, cette famille de banquiers a su tisser des liens étroits avec le pouvoir politique, posant les bases d’un réseau d’influence durable. Georges Pompidou, par exemple, avant de devenir président de la République en 1969, était un banquier éminent chez Rothschild & Cie. Son passage à la tête de l’État marque un tournant historique avec la fusion des cercles financiers et politiques français qui allait devenir une norme implicite, ouvrant la voie à ce que certains qualifient de "matrice Rothschild" pour les élites politiques.
L’un des épisodes les plus emblématiques de cette influence est la loi du 3 janvier 1973, qui transforme profondément le financement de l’État français. Cette loi, qui interdit à l’État d’emprunter directement auprès de la Banque de France et l’oblige à se financer sur les marchés financiers et garantit mécaniquement le paiement d’intérêts aux banques privées, dont Rothschild. Ce mécanisme d’endettement devient la pierre angulaire de la stratégie d’influence financière et en contrôlant l’accès au crédit de l’État, les Rothschild consolident leur pouvoir sur la politique économique française. C’est l’abandon progressif d’un État stratège souverain au profit d’une caste arrimée aux intérêts des marchés financiers.
Le pouvoir français n’est donc pas l’expression démocratique du suffrage populaire, mais bien le prolongement logique d’un réseau social de promotion, de conseils d’administration et de cabinets ministériels tous liés à Rothschild. Ainsi, Macron n’est pas un accident de l’histoire, mais bien le produit méthodique d’un réseau, d’un projet idéologique et d’une stratégie de conquête du pouvoir élaborée longtemps avant son accession à l’Élysée. C’est pour cela que la banque Rothschild n’est pas simplement un acteur financier puisqu’elle est devenue le véritable incubateur du pouvoir français. Et le modèle est ancien.
La promotion Léopold-Sédar-Senghor (2002-2004), soixantième promotion de l’École nationale d’administration (ENA), entrée en scolarité en janvier 2002, constitue l’un des noyaux les plus influents de cette technostructure française contemporaine. De cette promotion sont issus plusieurs acteurs clés de l’appareil d’État, des grandes banques, des cabinets ministériels et des groupes d’influence qui, depuis plus de vingt ans, organisent méthodiquement la fusion des intérêts publics et privés au sommet de la République, notamment avec la mise en place de Macron, devenu président de la République à 39 ans. Ce système repose sur ce que l’on appelle le capitalisme de connivence.
Cette porosité permanente entre haute administration, grandes banques et pouvoir politique constitue le cœur du problème démocratique français avec une caste circulaire où les mêmes individus se cooptent, se protègent et se recyclent mutuellement, sans jamais quitter les sommets du pouvoir réel.
Et Macron en devient l’aboutissement contemporain. Un président formé non dans les luttes populaires, mais dans les circuits fermés de l’Inspection des finances, des commissions technocratiques et de la banque d’affaires Rothschild. La Tribune résume clairement cette opération de placement : "C’est véritablement eux qui présentent le futur président à François Henrot ainsi qu’à David de Rothschild." Autrement dit, Macron n’est pas monté seul. Il a été fabriqué, recommandé, introduit et propulsé.
Contrairement à la légende médiatique du "Mozart de la finance" tel un jeune génie repéré pour son talent, son entrée chez Rothschild est surtout orchestrée par un réseau d’influence précis regroupant Serge Weinberg (ancien directeur de cabinet de Laurent Fabius et président de Sanofi), Jean-Michel Darrois, François Henrot, Xavier Fontanet et Olivier Pécoux. Tous gravitent autour du même univers constitué par de grandes entreprises, l’inspection des finances, les cabinets ministériels et les banques d’affaires.
Dès les années 1990, Rothschild comprend qu’il ne suffit plus d’influencer les gouvernements, il faut produire directement les dirigeants politiques. Le rôle de François Henrot est ici central. Ancien de Paribas devenu pilier de Rothschild & Co, il incarne cette stratégie de pénétration méthodique des lieux de pouvoir par la banque d’affaires.
De Jean-Charles Naouri à Nicolas Bazire, de François Henrot à Macron, la banque recrute alternativement à gauche et à droite, sans considération idéologique réelle. Les alternances politiques ne sont plus que des rotations de personnel au sein d’un même bloc dirigeant. C’est précisément ce que dénonçait le médiologue Paul Soriano lorsqu’il écrivait : "Macron est l’enfant illégitime de Mitterrand."
Ainsi, Macron est moins un homme qu’un produit de synthèse du capitalisme technocratique français. Sa carrière ne s’explique pas par le suffrage populaire, mais d’abord par la puissance des réseaux qui l’ont sélectionné, formé, protégé et propulsé. Et le schéma est limpide entre ENA. Inspection des finances, Commission Attali, Banque Rothschild, Ministère des finances et enfin, l’Élysée… D’abord au secrétariat général puis à la présidence.
À chaque étape, les mêmes parrains. Les mêmes cercles. Les mêmes intérêts. Rien n’est laissé au hasard. Derrière la fable éhontée du mérite républicain se cache surtout une mécanique de reproduction oligarchique extraordinairement efficace, où une poignée d’individus malveillants circulent entre cabinets ministériels, banques d’affaires, autorités de régulation, conseils d’administration et médias d’influence. Ce n’est plus une séparation des pouvoirs, c’est une circulation des intérêts.
Le cas Jean-Pierre Jouyet résume à lui seul cette confusion des genres devenue systémique sous la Ve République. Directeur du Trésor entre 2000 et 2004, donc responsable de la régulation financière française, il rejoint immédiatement Barclays France en 2005. Quelques années plus tard, le voilà président de l’Autorité des marchés financiers, supposée surveiller les acteurs bancaires et boursiers. Le surveillant devient banquier avant de redevenir surveillant. Et exactement le même phénomène se retrouve chez Macron.
Macron n’est pas "recruté" par Rothschild comme un candidat ordinaire répondant à une annonce. Il est introduit, recommandé, parrainé. Et avant même son entrée chez Rothschild, Emmanuel Macron est repéré au sein de la Commission Attali, véritable laboratoire de la conversion définitive de l’État français au social-libéralisme financiarisé. Autour de lui gravitent déjà Jacques Attali, Serge Weinberg, Jean-Michel Darrois, Alain Minc, Xavier Fontanet, François Henrot… soit l’interconnexion presque parfaite entre haute administration, grandes entreprises du CAC 40, cabinets d’affaires et banque d’investissement.
La Tribune le reconnaît explicitement que ce sont Serge Weinberg et Jean-Michel Darrois qui le présentent à François Henrot et David de Rothschild. Xavier Fontanet mobilise Olivier Pécoux. Et alors, toute une chaîne de recommandations se met en mouvement. C’est là que se joue l’essentiel. Autrement dit, les portes ne s’ouvrent pas grâce au talent seul, mais grâce au réseau. Et ce réseau poursuit un objectif précis visant à produire un personnel politique compatible et soumis aux intérêts du capital financier mondialisé.
On constate aisément que la (mafia) banque Rothschild ne fonctionne pas seulement comme une institution financière. Elle agit historiquement comme une fabrique de pouvoir dans l’ombre. Pompidou y fut formé avant l’Élysée. Macron suivra le même itinéraire. Sa trajectoire correspond au contraire au parcours idéalement calibré qu’une partie des élites administratives, financières et industrielles françaises rêvait d’imposer au sommet de l’État depuis les années 1990 avec un président jeune, sans expérience ni idéaux, malléable, ultra-compatible avec les marchés, parfaitement intégré aux réseaux de la haute fonction publique, de la banque d’affaires et des grandes multinationales.
Cette proximité entre banque d’affaires et sommet de l’État n’est donc pas accidentelle. Elle correspond à une vision du pouvoir dans laquelle la compétence financière devient le critère suprême de légitimité politique. Et le citoyen disparaît derrière « le marché ». La souveraineté populaire derrière "la confiance des investisseurs" et le débat démocratique derrière "les réformes structurelles".
Le plus frappant est la vitesse sidérante de l’ascension de Macron, totalement disproportionnée au regard de son expérience électorale inexistante. Associé-gérant chez Rothschild après seulement quelques années. Secrétaire général adjoint de l’Élysée sans mandat. Ministre de l’Économie à 36 ans. Président de la République à 39 ans sans parti traditionnel. Une telle trajectoire serait impossible sans une accumulation exceptionnelle de soutiens dans les sphères financière, administrative, médiatique et patronale. Car Macron bénéficie très tôt d’un consensus remarquable parmi les centres de pouvoir allant des grands patrons aux éditorialistes économiques ; des dirigeants bancaires à la haute fonction publique ; des réseaux atlantistes aux cercles bruxellois, en passant par les think tanks sociaux-libéraux.
Mais ce soutien transversal ne relève pas de l’enthousiasme spontané mais bien d’une convergence d’intérêts. Il fallait un candidat capable de sauver l’architecture économique existante tout en donnant l’illusion du renouvellement. Un visage neuf pour maintenir les mêmes politiques. C’est exactement ce qu’avaient théorisé les Gracques dès les années 2000 en souhaitant dépasser le clivage gauche-droite afin de constituer un bloc central technocratique, européen, libéral et gestionnaire.
Ni de droite ni de gauche…Bien au contraire puisqu’il fallait simultanément de la haute gauche administrative, de la haute finance et du grand patronat.Macron apparaît alors comme la solution idéale pour préserver un système fragilisé après la crise financière de 2008, l’effondrement du hollandisme et la défiance croissante envers les partis traditionnels. Or, le macronisme représente la fusion organique entre l’État technocratique et le capitalisme financier.
La véritable rupture démocratique est là. Car lorsque les mêmes réseaux forment les dirigeants ; financent les campagnes ; contrôlent l’accès médiatique ; influencent l’économie ; conseillent l’État ; recrutent dans les cabinets ministériels puis récupèrent les responsables politiques après leur mandat, alors l’alternance cesse progressivement d’être une alternance réelle. Elle devient une simple rotation interne au sein d’une même classe dirigeante. Avec une oligarchie fluide, mondialisée, interconnectée, persuadée d’incarner la rationalité contre le peuple jugé archaïque, populiste ou irrationnel.
Le problème n’est donc pas seulement Macron. Le problème est le système de corruption et d’ententes qui l’a rendu possible. Il faut alors replacer Emmanuel Macron dans une histoire beaucoup plus longue partant de la revanche progressive de la haute finance française après le traumatisme de 1981. Car pour bien comprendre le piège Macron, il faut revenir à la nationalisation des banques décidée par François Mitterrand.
Pour la dynastie Rothschild, cet épisode constitue une humiliation historique et existentielle. Guy de Rothschild l’écrit lui-même dans Le Monde le 30 octobre 1981 : « Juif sous Pétain, paria sous Mitterrand, pour moi cela suffit. » Cette phrase révèle la violence psychologique et symbolique du choc subi par la famille lorsque la banque Rothschild disparaît officiellement du paysage bancaire français. L’État socialiste vient de rappeler qu’il demeure, en théorie, supérieur au pouvoir financier. Mais cette défaite va produire un effet inverse et va accélérer la structuration d’un capitalisme de reconquête.
Selon plusieurs proches de David de Rothschild cités par La Tribune, "l’envie de revanche sur le pouvoir socialiste" aurait constitué "le meilleur catalyseur" de la renaissance de la banque. Et tout part de là puisque la banque Rothschild version moderne naît moins d’un projet économique que d’une volonté de retour au sommet. Et ce retour sera méthodique.
Après la nationalisation, la famille contourne les obstacles politiques en utilisant la société Paris Orléans, ancienne compagnie ferroviaire du XIXe siècle ayant échappé aux nationalisations. À partir de cette coquille discrète, David de Rothschild reconstruit progressivement une banque d’affaires capable de rivaliser avec Lazard. Mais surtout, Rothschild comprend que pour ne plus jamais subir une nationalisation, il faut désormais être au cœur du pouvoir politique lui-même. Il ne suffit plus d’influencer l’État. Il faut produire les dirigeants de l’État.
Dès les années 1980 et 1990, la stratégie est claire et commence à recruter des hauts fonctionnaires, attirer les inspecteurs des finances, intégrer des anciens directeurs de cabinet ministériel et placer des relais dans tous les centres de décision. Le réseau devient alors transversal. Droite. Gauche. Haute administration. CAC 40. Think-tank. Médias. Banque centrale. Cabinets ministériels… Tout communique.
Robert Badinter et Édouard Balladur jouent un rôle décisif dans la réhabilitation du nom Rothschild après la nationalisation. Cet élément est fondamental. Car comme le rappelle Martine Orange, sans le nom "Rothschild" la structure reconstruite ne représentait presque rien. Le prestige historique du patronyme constitue l’actif principal de la banque. Et le retour du nom marque donc aussi le retour d’une puissance politique.
À partir des années 1990, la banque profite pleinement des vagues de privatisations et de dérégulation financière. En 1996, Rothschild & Cie devient déjà la cinquième banque française du conseil en fusions-acquisitions. Ainsi, quelques années après avoir été nationalisée, la banque prospère précisément grâce au démantèlement progressif du modèle étatique français. Et le retournement est total.
La finance qui avait été temporairement soumise au politique devient progressivement capable de subordonner le politique à ses intérêts. D’ailleurs, le cas François Pérol illustre parfaitement cette continuité. Cet ancien banquier chez Rothschild, devient secrétaire général adjoint de l’Élysée sous Nicolas Sarkozy en 2007. Exactement le même poste qu’occupera Macron sous François Hollande quelques années plus tard. Même trajectoire. Même matrice. Même circulation entre banque d’affaires et sommet de l’État. Pérol pilote alors des opérations majeures impliquant l’argent public, notamment la fusion des Caisses d’épargne et des Banques populaires en pleine crise financière de 2008. La frontière entre intérêt général et intérêts bancaires devient dès lors de plus en plus floue.
Et bien avant Macron, il y avait aussi Sébastien Proto, qui illustre parfaitement cette circulation permanente entre haute fonction publique, pouvoir politique et grande finance qui caractérise le capitalisme de connivence français. Issu lui aussi de la promotion Léopold-Sédar-Senghor de l’ENA (2002-2004), véritable matrice de la technostructure contemporaine, il occupe successivement plusieurs postes stratégiques sous la présidence de Nicolas Sarkozy : directeur de cabinet adjoint puis directeur de cabinet au ministère du Budget auprès d’André Santini et d’Éric Woerth, avant de devenir directeur de cabinet du ministre du Travail puis de Valérie Pécresse au Budget.
Après ce parcours au sommet de l’appareil d’État, il rejoint naturellement Rothschild & Cie en 2013 comme associé-gérant, où il pilote plusieurs opérations majeures de fusion-acquisition et de conseil stratégique, notamment autour de Safran, Publicis, Babilou ou encore Showroomprivé. Comme dans de nombreux cas similaires, le passage de l’administration à la banque d’affaires ouvre ensuite la voie aux grandes directions du secteur privé.
La Société Générale le nomme directeur de la stratégie en 2018 puis directeur général adjoint en 2020, avant qu’il ne prenne en 2023 la présidence exécutive du groupe Elsan, premier acteur français de l’hospitalisation privée. Son parcours résume à lui seul la logique de reproduction oligarchique dénoncée par les critiques du système où les mêmes profils issus des mêmes écoles circulent entre ministères, banques d’affaires, grands groupes financiers et secteurs stratégiques privés, consolidant un entre-soi où intérêts publics et intérêts privés deviennent de plus en plus difficiles à distinguer.
Le système Sarkozy participe lui aussi à cette porosité généralisée. Après la défaite d’Édouard Balladur en 1995, Nicolas Sarkozy intervient comme avocat pour Rothschild. La banque soutient ensuite son retour politique durant sa "traversée du désert". Puis vient la Commission Attali et c’est là qu’apparaît Macron. Mais la Commission Attali n’est pas un simple groupe d’experts économiques. C’est un lieu de sélection des futures élites compatibles avec le nouvel ordre technocratique et financier européen.
Macron y rencontrera Alain Minc ; Serge Weinberg ; Jean-Michel Darrois ; Jacques Attali ; François Henrot ; Xavier Fontanet et toute l’oligarchie française en miniature. Or, c’est ce réseau qui organise son entrée chez Rothschild. Car contrairement au récit médiatique officiel, Macron n’est pas un outsider brillant ayant conquis seul les sommets grâce à son intelligence. Il est repéré, introduit, formé, recommandé et surtout coopté. Ainsi, son ascension correspond parfaitement aux besoins du système. A l’inverse d’Hollande, il est jeune, Brillant et dynamique. De plus il est sans base militante, sans parti historique, ni culture populaire enracinée. Il est surtout sans amour propre, dissimule des faits douteux dans son passé qui en font un être soumis au chantage, mais loyal envers son maitre et totalement issu des circuits élitaires. En bref, le candidat idéal pour reconstruire un centre technocratique après l’effondrement des partis traditionnels.
Ces trajectoires ne constituent pas des exceptions isolées, mais les différentes expressions d’un même modèle de pouvoir. Derrière la diversité apparente des fonctions et des sensibilités politiques, on retrouve systématiquement les mêmes passerelles entre haute administration, grandes banques, multinationales, cabinets ministériels et institutions européennes. Ce réseau de circulation permanente des élites produit une continuité idéologique et économique qui dépasse largement les alternances électorales traditionnelles.
Le parcours de Thierry Breton s’inscrit lui aussi dans cette logique de fusion entre haute administration, grandes entreprises stratégiques, finance et pouvoir politique. Ancien élève de Supélec puis figure majeure du capitalisme français, il occupe successivement les directions de groupes industriels et technologiques majeurs comme Bull, Thomson, France Télécom puis Atos, tout en entretenant des liens étroits avec les sphères étatiques et européennes. Ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie entre 2005 et 2007 sous Jacques Chirac, il devient ensuite l’un des principaux représentants français du capitalisme technocratique mondialisé. À la tête d’Atos, il supervise l’expansion du groupe dans les secteurs stratégiques du numérique, de la cybersécurité et des infrastructures sensibles, tout en multipliant les connexions avec les institutions européennes et les grands centres de décision industriels. Sa nomination comme commissaire européen au Marché intérieur en 2019 symbolise cette continuité entre intérêts privés, gouvernance technocratique et pouvoir supranational.
Breton incarne ainsi une élite interchangeable capable de circuler sans rupture entre cabinets ministériels, multinationales, institutions européennes et réseaux financiers internationaux, dans un système où la frontière entre régulation publique et intérêts industriels devient de plus en plus poreuse. Son parcours illustre la montée d’une gouvernance managériale où la légitimité politique ne repose plus sur l’ancrage populaire, mais sur la maîtrise des réseaux économiques, technologiques et administratifs transnationaux.
Antoine Lévêque représente quant à lui une nouvelle génération de profils issus de cette même technostructure élitaire, formés dans les grandes écoles et rapidement intégrés aux circuits d’influence reliant administration, conseil stratégique, finance et grands groupes privés. Comme beaucoup de membres de cette sphère, son évolution professionnelle s’inscrit dans une logique de cooptation permanente où les carrières se construisent moins par confrontation démocratique que par intégration progressive à des réseaux fermés de décideurs économiques et administratifs.
Son parcours met en lumière cette circulation continue des élites entre cabinets ministériels, structures de conseil, entreprises stratégiques et institutions publiques, alimentant un système de reproduction sociale extrêmement fermé. À travers des profils comme le sien, apparaît une mécanique plus large dans laquelle les mêmes cercles issus des grandes écoles parisiennes façonnent les orientations économiques et politiques du pays, tout en consolidant un entre-soi où les intérêts de l’État, de la finance et des grandes entreprises tendent à se confondre.
C’est précisément dans cette mécanique d’influence que s’inscrivent des structures comme The Arcane, récemment rattachée à l’écosystème Rothschild. Derrière l’apparence neutre du conseil en communication et en stratégie, ces réseaux façonnent les récits politiques, sélectionnent les profils compatibles avec les intérêts financiers dominants et construisent médiatiquement des figures présentées comme modernes, progressistes et inévitables.
En combinant puissance bancaire, influence médiatique, normes ESG, relais d’opinion et même certaines formes de légitimation morale ou religieuse — notamment à travers la proximité affichée avec le pape François et le discours mondialiste autour de la "gouvernance responsable" — ce système ne se contente plus d’influencer les gouvernements puisqu'il produit directement ses représentants politiques.
Et c’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la phrase extrêmement polémique de Gaël Giraud sur Thinkerview qualifiant Macron de "porte-flingue" des Rothschild. Mais derrière l’excès verbal subsiste une question politique réelle pour savoir pourquoi retrouve-t-on systématiquement les mêmes réseaux bancaires, administratifs et industriels derrière la fabrication des dirigeants contemporains ? Pourquoi les anciens banquiers (tous affiliés de prés ou de loin à Rothschild) deviennent-ils chefs d’État, ministres de l’Économie, secrétaires généraux de l’Élysée ou commissaires européens ? Pourquoi les grandes banques d’affaires françaises entretiennent-elles des liens aussi organiques avec la haute fonction publique ?
Le problème n’est donc pas une théorie secrète, qualifiée de complotiste ou d’antisémite, ( les deux formules servant à disqualifié toute forme de critique ou de recherche de la vérité gênante)mais bien un système de corruption et de main mise totale sur nos institutions et parfaitement visible. Un système dans lequel les élites financières ont progressivement absorbé les élites politiques et manipulent autant les lois que les peuples.
En 2015, la holding "Paris Orléans" abandonne définitivement son ancien nom afin de s’offrir une renaissance dans l’hexagone, pour devenir officiellement "Rothschild & Co". Quelques années plus tard, Emmanuel Macron rebaptise son mouvement politique : "Renaissance". Le mot est saisissant, car Macron incarne effectivement une renaissance. Non pas celle de la souveraineté populaire. Mais celle d’un capitalisme financier revenu au centre du pouvoir d’État après avoir été brièvement contesté dans les années 1980. Et la "Renaissance" macronienne apparaît alors comme l’achèvement politique de la renaissance Rothschild.
Il est évident que le macronisme n’est pas né en 2017. Il est le produit direct des années 1980 avec la dérégulation financière, la conversion de la gauche- caviar au marché, la construction artificielle européenne et technocratique, les privatisations des industries stratégiques et la fusion progressive entre élites administratives et capital financier. Et les Gracques apparaissent alors comme la matrice intellectuelle de cette mutation.
Sous couvert de fausse modernité (nommée progressisme), de pragmatisme (leur permettant de piller les caisses de l’état) et de dépassement des clivages (annihilant toute forme d’opposition), ils défendent une société gouvernée par des experts, des banquiers, des hauts fonctionnaires et des dirigeants de multinationales formant une illusion de démocratie sous surveillance oligarchique. Ainsi, leurs grands discours sur les "réformes obligatoires" cachent en réalité une dépossession progressive du pouvoir populaire et un détournement constant des économies vers des centres privés. Ils ne veulent plus convaincre un peuple qui dérange leur racket, ils veulent administrer le pays comme un conseil d’administration gère une entreprise à démanteler, tout en se prenant pour des actionnaires.
Un pouvoir où les élections changent les visages mais jamais les orientations fondamentales. Un pouvoir où les dirigeants parlent sans cesse de modernisation, de réforme, d’Europe et de rationalité économique, alors même que la dette explose, que les services publics s’effondrent, que les détournements de fonds sont réalisés par nos dirigeants et que la souveraineté politique se réduit à l’application de contraintes budgétaires dictées par les marchés et les techno-gangsters de l’UE.
La grande force de ce système est d’avoir réussi à présenter cette évolution non comme un choix idéologique, mais comme une fatalité technique. Comme s’il n’existait plus d’alternative. Comme si gouverner consistait désormais uniquement à rassurer les agences de notation, les marchés obligataires et les grandes banques d’investissement. Trois des organes artificiels les plus corrompus de notre monde moderne, créés par les Barons Voleurs du Nouvel Ordre Mondial.
Le paradoxe est immense lorsque ces réseaux se présentent comme progressistes alors qu’ils concentrent un pouvoir sans précédent entre les mains d’une minorité issue des mêmes écoles, des mêmes cercles et des mêmes intérêts économiques. Et Alexandre Wickham résume parfaitement cette ambiguïté lorsqu’il décrit "une société secrète qui opère à visage découvert". Car tout est public, et pourtant tout reste opaque. Les noms circulent. Les réseaux sont connus. Les passerelles sont visibles. Mais le système demeure intouchable parce qu’il contrôle simultanément l’administration, la finance, la police, la justice, les médias d’influence et une grande partie de la production intellectuelle.
La continuité historique, depuis Pompidou et la loi de 1973 jusqu’à Macron et ses alliés, démontre que Rothschild est un acteur central dans la gouvernance de la France, agissant à la fois dans la lumière et dans l’ombre. Et tant que cette confusion permanente entre intérêts privés et décision publique restera intacte, la République continuera de s’éloigner de son principe fondateur visant à gouverner au nom du peuple, et non au service d’une caste malveillante qui se croit clairement propriétaire de l’État.
Phil BROQ.
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